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Epidémiologie des blessures des joueurs de tennis lors du Grand Chelem de l'Open d'Australie 2011-2016



Introduction



L'Open d'Australie est l'un des quatre tournois de tennis professionnel du Grand Chelem. Des études épidémiologiques ont été menées au tournoi de Wimbledon et à l'US Open (1,2) mais pas encore à l’Open d’Australie. Comme l'Open d'Australie est programmé à une autre époque de l'année, sur une autre surface de cour, et dans un climat différent des autres Grand Chelem, son profil de blessures peut être différent.
 
Le but de cette étude était alors d'examiner l'épidémiologie des blessures à l'Open d'Australie de 2011 à 2016 par rapport au sexe, au type de blessure et à la fréquence des traitements durant le tournoi.
 

Méthode



Les données relatives aux blessures durant l'Open d'Australie de 2011 à 2016 ont été utilisées pour l'analyse. Au total, 1170 blessures ont été incluses, hommes et femmes confondus, en simples, en doubles, et en doubles mixtes avec un total de 3120 joueurs en compétition au cours de ces 6 ans de tournois.
 
Définition des blessures et de la fréquence de traitement

L'incidence des blessures a été définie comme une blessure survenue lors de l'Open d’Australie nécessitant une consultation médicale par un médecin désigné par le tournoi. Le type de lésion était limité aux blessures musculo-squelettiques.
La fréquence de traitement durant le tournoi pour chaque région de blessure a été définie en fonction du nombre de consultations de physiothérapie effectuées par des physiothérapeutes nommés par la fédération Australienne, par l'ATP et la WTA.
 
Choix de l’exposition
 
Les données ont été collectées avec une fréquence de blessures rapportées à 10 000 jeux d’expositions. En effet le nombre de jeux apparaissant être la plus petite unité de match disponible, elle offre une approche plus standardisée et accessible pour quantifier l'exposition. Une analyse de corrélation empirique a confirmé cette supposition.
 

Résultats / Discussion  



Blessures totales

Au cours des 6 années d’Open d’Australie, les joueuses féminines ont eu plus de blessures que leurs homologues masculins (201,7 vs 148,6 pour 10000 jeux d’exposition). Cependant, il n'y a pas eu de changement dans le risque de blessures du au sexe dans le temps (figure 1).

Epidémiologie des blessures des joueurs de tennis  lors du Grand Chelem de l'Open d'Australie 2011-2016
Ceci est cohérent avec l'incidence plus élevée de blessures recensés chez les professionnelles féminines précédemment à Wimbledon (1). Bien que les mécanismes probables de blessure soient multifactoriels, il est probable que le sexe, (15 16) les différences techniques et tactiques (15, 17) soient des facteurs contributeurs. 
 
Région des blessures

Epidémiologie des blessures des joueurs de tennis  lors du Grand Chelem de l'Open d'Australie 2011-2016

Epidémiologie des blessures des joueurs de tennis  lors du Grand Chelem de l'Open d'Australie 2011-2016
  • Chez les hommes : Les régions les plus fréquemment atteintes au cours de la période de 6 ans étaient le genou (3,5 ± 1,6 blessures par an), suivi de la cheville (2,3 ± 1,3) et de la cuisse (2,3 ± 1,5) (figure 2).
Le taux de blessures de la cheville a été multiplié par 2, et par 2,5 pour celles du coude sur la période (tableau 1).
 
  • Chez les femmes : L'épaule (5,1 ± 1,1 blessures par an) était la région de blessure la plus fréquente, suivie du pied (3,2 ± 1,1), du poignet (3,1 ± 1,5) (figure 2).
Le taux de blessures d'épaule a été multiplié par 2, et celles du poignet par 2,2 fois sur la période (tableau 1)
 
De plus, le taux de blessures aux bras a augmenté d'au moins 2,4 fois chez les joueurs masculins et féminins au cours des six années (tableau 1).


Types de blessures

Epidémiologie des blessures des joueurs de tennis  lors du Grand Chelem de l'Open d'Australie 2011-2016

Les blessures musculaires, ont été le type de blessures le plus important pour les 2 sexes avec un total pour 10000 jeux d’exposition de 45,9 ± 3,3 pour les hommes et 56,5 ± 1,3 pour les femmes (figure 3).
 
Ceci est en accord avec les études réalisées à l'US Open et Wimbledon (1,2). La nature dynamique, l'intensité et la nature répétitive du tennis qui influe beaucoup sur les muscles, les tendons et les articulations (16, 18, 19) peuvent l’expliquer. Il convient de noter que, tout en restant la blessure la plus importante, une diminution de 13% des blessures musculaires chez les hommes existait au cours de la période de 6 ans, bien qu’il n’y ait pas réduction des blessures totales.
 
De 2011 à 2016, il y a eu une augmentation du taux de fractures de fatigue de 2,1 fois chez les joueurs masculins et 2,4 fois et chez les joueuses féminines. (Tableau 2).
 
Ce risque élevé de fractures de fatigue chez les joueurs de tennis provient des mouvements répétitifs de plus en plus exigeants qui imposent de lourdes charges mécaniques sur les os de l'athlète (20)
 
Fréquence de traitement par zone de blessures durant le tournoi

Le nombre moyen de traitements durant le tournoi par blessure ne différait pas selon le sexe.
 
  • Chez les hommes : la colonne lombaire a été la région la plus traitée entre 2013 et 2016 (4,0 ± 1,6 par an, figure 2).
  • Chez les femmes : la cheville a reçu le plus grand nombre de traitements (4,9 ± 2,9 par année, figure 2).
 
Les traitements durant le tournoi pour les blessures du tronc pour les deux sexes étaient parmi les plus élevés. Cette tendance peut être attribuable aux exigences mécaniques imposées à cette région pendant la production de la frappe (21), ou aux changements d'équipement (2) par exemple. Compte tenu de la littérature qui a mis en évidence l'importance de la rotation du tronc sur la vitesse de la raquette, en particulier durant le service (21), il n'est pas surprenant que le segment tronc/bassin/colonne vertébrale ait reçu des soins médicaux considérables durant le tournoi.
 
Le taux de traitements des blessures de l’avant-bras a augmenté de 5,8 fois chez les hommes et de 5,2 fois chez les femmes sur la période de 4 ans (tableau 2).
La technologie de la raquette, du tamis et de la balle en constante évolution peut être l'une des raisons de cette augmentation (15. 22). Les pointes de vitesse au service, qui sont fréquentes pendant les tournois par rapport à l’entrainement, en particulier au Grand Chelem en début de la saison, (23) pourraient également poser une contrainte plus importante sur les articulations des membres supérieurs. (24,25)
 
Fréquence de traitement par type de blessures en cours de tournoi
 
  • Chez les hommes : Les entorses ont été les blessures les plus fréquentes (5,2 ± 2,5 ± SD par an).
  • Chez les femmes : Les blessures du cartilage ont été les plus fréquentes chez les femmes (5,1 ± 5.3, figure 3).
 
Au cours des 4 années, le taux de traitement en cours de tournois pour des fractures de fatigue a été multiplié par 8,3 pour les hommes et 4,0 pour les femmes (tableau 2).
Haut du formulaire
Cette augmentation indépendante du sexe des pathologies de la cheville et de la jambe semble être liée aux changements rapides et répétés de direction sur une surface dure, ce qui entraîne un stress élevé sur l'articulation de la cheville et sur la jambe. (19, 26) De manière intéressante, la croissance des pathologies spécifiques de la cheville pourrait justifier que les physiothérapeutes traitant notamment les femmes adoptent une approche hypervigilante, à l'aide de strapping préventif.
 

Conclusion



L'épidémiologie de blessures de l'Open d’Australie 2011-2016 a révélé que les joueuses féminines étaient plus souvent blessées que les joueurs masculins. Les blessures des membres inférieurs étaient plus importantes chez les hommes, alors que les femmes étaient sensibles aux blessures des deux extrémités, ce qui correspond aux résultats des études de Wimbledon et de l'US Open. (1, 2). Les deux sexes ont également présenté une forte prévalence des blessures musculaires (1, 2). Les fréquences de traitement élevées du tronc ont souligné une demande importante sur les ressources médicales.
 

Texte d’origine



Injury epidemiology of tennis players at the 2011−2016 Australian Open Grand Slam. Danielle T Gescheit, Stuart J Cormack, Rob Duffield, Stephanie Kovalchik, Tim O Wood, Melanie Omizzolo and Machar Reid . Br J Sports Med published online July 7, 2017

Bibliographie
 
1. McCurdie I, Smith S, Bell PH, et al. Tennis injury data from the championships, Wimbledon, from 2003 to 2012. Br J Sports Med 2017;51:607–11.
2. Sell K, Hainline B, Yorio M, et al. Injury trend analysis from the US Open tennis championships between 1994 and 2009. Br J Sports Med 2014;48:546–51.
15. Reid M, Morgan S, Whiteside D. Matchplay characteristics of Grand Slam tennis: implications for training and conditioning. J Sports Sci 2016;34:1791–8.
16. Paserman MD. Gender differences in performance in competitive environments: evidence from professional tennis players. IZA Discussion Papers, 2007.
17. Gescheit DT, Duffield R, Skein M, et al. Effects of consecutive days of match play on technical performance in tennis. J Sports Sci 2016:1–7 (Published Online First: 25 Oct 2016).
18. Fernandez J, Mendez-Villanueva A, Pluim BM. Intensity of tennis match play. Br J Sports Med 2006;40:387–91.
19. Barnett T, Pollard G. How the tennis court surface affects player performance and injuries. J Med Sci Tennis 2007;12:34–7.
20. Maquirriain J, Ghisi JP. The incidence and distribution of stress fractures in elite tennis players. Br J Sports Med 2006;40:454–9.
21. Chow JW, Shim JH, Lim YT. Lower trunk muscle activity during the tennis serve. J Sci Med Sport 2003;6:512–8.
22. Miller S. Modern tennis rackets, balls, and surfaces. Br J Sports Med 2006;40:401–5.
23. Myers NL, Sciascia AD, Kibler WB, et al. Volume-based interval training program for elite tennis players. Sports Health 2016;8:536–40.
24. Eygendaal D, Rahussen FT, Diercks RL. Biomechanics of the elbow joint in tennis players and relation to pathology. Br J Sports Med 2007;41:820–3.
25. van der Hoeven H, Kibler WB. Shoulder injuries in tennis players. Br J Sports Med 2006;40:435–40.
26. Abrams GD, Renstrom PA, Safran MR. Epidemiology of musculoskeletal injury in the tennis player. Br J Sports Med 2012;46:492–8.
 


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