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Impact de l’alimentation sur la perturbation du cycle menstruel chez la sportive




    Il a été montré que l’alimentation pouvait jouer une place importante dans la naissance des troubles menstruels chez les athlètes féminines. En raison d’un entrainement physique important à un âge précoce et une haute dépense énergétique quotidienne combinée à une limitation stricte de la masse corporelle, les danseuses sont également une population à risque dans ce type de perturbation physiologique. De plus, les résultats d’études mis à jour par différents auteurs, en ce qui concerne les danseuses de ballet ou des athlètes venant de différentes disciplines, confirment que les connaissances sur les potentiels effets à moyen ou long terme des désordres mensuels non traités sont limitée [1, 2]. Il existe plusieurs rapports concernant des interventions nutritionnelles non pharmacologiques chez des athlètes féminines présentant des désordres menstruels. Arends et al. [3] ont indiqué dans une étude qu’un gain de poids corporel ou une augmentation de l’IMC étaient d’importants prédicateurs d’une restauration du cycle menstruel. Ces résultats étaient basés sur ceux d’une étude rétrospective de 5 ans sur 373 athlètes traitées par une méthode non médicale basée sur un apport alimentaire plus important et/ou une dépense énergétique plus faible. Dans un rapport de cas, Mallinson et al [4] ont comparé quand à eux les réponses de deux sportives aménorrhées à un programme nutritionnel de 1 an incluant une augmentation de l’apport alimentaire mais sans changement de la dépense totale énergétique ou du volume d’entrainement. La restauration des règles arriva respectivement au 23ème jour pour la sportive aménorrhée depuis peu de temps et au 74ème jour du programme pour celle au plus long terme. Toutefois, l’apparition de cycles menstruels et d’ovulations régulières était associée non seulement à une prise alimentaire plus soutenue mais aussi à une prise de poids. Ces auteurs suggéraient que de plus grandes recherches avec des échantillons plus consistants sont nécessaires afin de déterminer les éléments précis de traitement contribuant à un retour de cycles menstruels normaux chez les sportives aménorrhées. 

    Une étude publiée fin 2014 dans le « Journal of the International Society of Sports Nutrition » [5] pourrait être un début de réponse à cette suggestion. Les auteurs ont inclus dans leur panel 31 athlètes féminines (aviron, natation synchronisée et triathlon) ayant des désordres menstruels d’origine hypothalamique et chez qui un traitement était basé sur une intervention nutritionnelle (contrôlée par des nutritionnistes) incluant un régime individuel et des recommandations nutritionnelles sans aucun changement dans le volume et l’intensité de l’entrainement. Une durée de 3 mois a suffi pour constater une augmentation significative des apports nutritionnels et énergétiques et une meilleure disponibilité et balance énergétique. De même, le niveau hormonal de LH (hormone lutéinisante) et les variations du ratio FSH/LH (hormone folliculo-stimulante/hormone lutéinisante), mais sans changement dans le rythme menstruel fut observé. Par la suite, les auteurs de l’étude ont décidé d’intégrer à l’étude 21 danseuses de ballet [6] et de continuer à contrôler l’intervention nutritionnelle pour évaluer quelles améliorations au long terme permettrait le retour à des cycles menstruels normaux. C’est a priori la première étude dans laquelle des danseuses de ballet furent prise en charge par une intervention non pharmacologique. 

Les résultats de cette étude ont globalement démontré que les perturbations du cycle menstruel des sportives peuvent être diminuées grâce à une intervention non médicale suivant les recommandations d’un programme alimentaire. Approprié et spécifique à chaque sportive, il permettait d’augmenter les apports énergétiques selon le sport pratiqué et de les stabiliser selon les réponses physiologiques du sujet. Cependant, la durée de traitement avant un retour à la normale des cycles menstruels dépend pour une grande part des « caractéristiques de base » du sujet incluant sa composition corporelle (masse grasse, masse maigre), son statut nutritionnel, ses habitudes alimentaires et son métabolisme. Quand la valeur de base de la masse grasse est faible (<20%), la nécessité de pousser le régime alimentaire au-delà d’un an est à envisager. La régulation des niveaux de l’hormone gonadotrophine seule peut, dans l’immédiat, ne pas se traduire systématiquement par la restauration de rythmes menstruels réguliers, mais cela les rend de façon certaine, moins sévères. 

Texte écrit par Arnaud Douville de franssu

[1] Hoogenboom BJ, Morris J, Morris C, Schaefer K: Nutritional knowledge and eating behaviors of female, collegiate swimmers. N Am J Sports Phys Ther 2009, 4(3):139–148.

[2] Miller SM, Kukuljan S, Turner AI, van der Pligt P, Ducher G: Energy deficiency, menstrual disturbances, and low bone mass: what do exercising Australian women know about the female athlete triad? Int J Sport Nutr Exerc Metab 2012, 22(2):131–138.

[3] Arends JC, Cheung MY, Barrack MT, Nattiv A: Restoration of menses with Nonpharmacologic therapy in collegiate athletes with menstrual disturbances: a 5 year retrospective study. Int J Sport Nutr Exerc Metab 2012, 22(2):98–108.

[4] Mallinson RJ, Williams NI, Olmsted MP, Scheid JL, Riddle ES, De Souza MJ: A case report of recovery of menstrual function following a nutritional intervention in two exercising women with amenorrhea of varying duration. J Int Soc Sports Nutr 2013, 10:34.

[5] Lagowska K, Kapczuk K, Friebe Z, Bajerska J: Effects of dietary intervention in young female athletes with menstrual disorders. J Int Soc Sports Nutr
2014, 26(11):21.

[6] Łagowska et al. Journal of the International Society of Sports Nutrition 2014, 11:52. Nine–month nutritional intervention improves restoration of menses in young female athletes and ballet dancers


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