KINESPORT : Formations continues en kinésithérapie du sport et thérapie manuelle.
KINESPORT KINESPORT


  • KINESPORT
  • Formation Kinésithérapie du Sport Expert
  • Formation Thérapie manuelle de l'épaule
  • Formation BODY-MECHANICS
  • Formation Ventouses

Les blessures au crossfit plus fréquentes que dans les autres formes de travail ?



Le Cross Fit étant devenu très populaire, il est devenu important de comparer le taux de blessure entre CrossFit et exercices traditionnels.
Cette étude a été réalisée pour déterminer l’incidence des blessures au CrossFit par rapport aux autres formes d’exercices.

Résumé des éléments clefs
  • Les auteurs ont recherché dans la littérature des études comparant le taux de blessures au Cross Fit par rapport à d’autres activités.
  • La recherche a initialement donné plus de 100 résultats qui ont été limités à 3 études de cohorte rétrospectives de niveau 2b qui ont été jugées satisfaisantes par rapport aux critères d’inclusion et d’exclusion.
  • Dans les trois études examinées, l’incidence des blessures au CrossFit était comparable ou inférieur aux taux de blessures en haltérophilie, course longue distance, athlétisme, rugby ou gymnastique.
Conclusion clinique :
  • Les preuves actuelles suggèrent que le risque de blessure au CrossFit est comparable à l’haltérophilie, la course longue, l’athlétisme, le rugby, le football, le hockey sur glace et encore la gymnastique.
  • Les blessures à l’épaule semblent être plus fréquentes au CrossFit. Cependant, la certitude de ces conclusions est discutable étant donné l’absence de randomisation et de contrôle dans les études examinées. Les cliniciens doivent être conscients que les blessures sont plus fréquentes lorsqu’une supervision n’est pas possible. C’est plus souvent le cas chez des participants masculins.
Points forts de l’article
Le niveau 2b des données provenant de 3 études de cohortes rétrospectives indique que le risque de blessure résultant de la participation au CrossFit est comparable ou inférieur à d’autres activités sportives ou de musculation.

Implications pour la pratique et les recherches futures
Bien que le travail type « Interval Training » à haute intensité ne soit pas un nouveau concept, le modèle CrossFit consistant à combiner une gamme variée de mouvements fonctionnels à haute intensité est relativement récent. 

Le CrossFit est une combinaison d’exercices utilisant des mouvements fonctionnels à haute intensité avec un temps de repos limité travaillant sur la force et l’endurance via du travail cardio-vasculaire, des mouvements d’haltérophilie, de force athlétique ou encore de gymnastiques. [1-3].
Chaque étude a défini la notion de blessure. Weisenthal et col. [1] décrivent la blessure en fonction de la durée d’indisponibilité (arrêt total ou partiel de l’activité pour une durée > 1 semaine, > 2 semaines ou plainte suffisamment grave nécessitant une visite chez un professionnel de santé).
Grier et col [2] ont conclu que les blessures se répartissaient en 3 groupes : sur-utilisation, traumatismes, blessures globales. Les blessures globales ont été définies comme le nombre total de blessures (ICD codes 800-999 et 710-739) [2]. Les blessures par sur-utilisation (ICD 710-739) comprenaient des blessures telles que des fractures de fatigue, des tendinopathies ou encore les douleurs musculo-squelettiques [2]. Les blessures traumatiques ont été définies comme celles résultant d’une force externe appliquée au corps (IDC 800-999) [2].
Enfin, Hak et col. [3] ont indiqué que l’on appelait blessure toute atteinte empêchant l’individu de s’entraîner ou de participer à une compétition, quelque soit le temps d’indisponibilité. 
Weisenthal et col. [1] ont constaté que le taux de blessures lors des entraînements était de 19,4% sur une période d’enquête de 6 mois. Cette incidence de blessure n’est pas supérieure à celle retrouvée pour les coureurs de longue distance dans une revue systématique de Van Gent et col. [6]. 

Weisenthal et col. ont indiqué que les blessures retrouvées au CrossFit concernaient les épaules (25%), la région lombaire (14,3%) et les genoux (13,1%).  Les auteurs ont uniquement étudié les blessures des athlètes encadrés dans leur pratique. Les sportifs travaillant sans supervision n’ont pas été inclus dans cette étude.
Grier et col. se sont intéressés aux blessures au sein d’une brigade de l’armée américaine ayant participé à un programme d’entraînement comprenant du CrossFit. Les auteurs ont constaté que le taux de blessures était similaire à celui des soldats ayant effectué un entraînement traditionnel [2].
La participation au programme type Cross Fit a entraîné une augmentation générale des blessures de 12% tandis que les soldats ayant participé au programme traditionnel ont eu une augmentation des blessures de 14%. Le risque de blessures a donc été légèrement inférieur chez les soldats du groupe « CrossFit ».
Les blessures pour sur-utilisation étaient plus élevées dans le groupe « Cross Fit » (16%) que dans le groupe « Traditionnel » (10%). Les auteurs de cette étude n’ont pas effectué de comparaisons statistiques entre les groupes.
Hak et col. [3] ont constaté que 73,5% des 132 répondants au sondage ont subi une blessure lors de l’entraînement au CrossFit. Le taux de blessures pendant l’entraînement (3,1 pour 1000 heures d’entraînement) était similaire aux taux retrouvés en haltérophilie olympique (3,3/1000 heures) [7], en gymnastique (3,1/1000 heures) [8], au rugby (3/1000 heures) [9]. Les sports présentant des taux de blessures plus élevés qu’au Cross Fit sont le football américain (140/1000 heures) [10, 11], le hockey sur glace (78,4/1000 heures) [12] et lors des compétitions de football masculin et féminin (4,22 et 5,21/1000 heures) [13].
Le taux de blessures au CrossFit rapporté par Hak et col. [3] était nettement plus élevé que celui rapporté par Grier et Weisenthal. La taille de l’échantillon, un biais dans les réponses du sondage, les différences dans les populations étudiées, la différence de niveau de pratique pourraient expliquer les disparités entre les études.
Hak et col. [3] et Weisenthal et col. [1] ont signalé une forte incidence de blessures à l’épaule (31,8% et 25%) lors des entraînements. Les mouvements d’haltérophilie effectués nécessitent une grande expertise et une amplitude articulaire supérieure aux amplitudes physiologiques habituelles [7]. 

Un autre facteur de risque de blessures (à l’épaule en particulier) est la fatigue musculaire. La fatigue musculaire peut avoir des effets particulièrement néfastes sur l’articulation gléno-humérale, la congruence de cette articulation étant dépendante de l’activation musculaire. La fatigue peut également contribuer à perturber la technique d’exécution des mouvements issus de l’haltérophilie.
Weisenthal et col. [1] ont trouvé une incidence des blessures significativement plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Les femmes sont plus encadrées que les hommes dans leur pratique (accompagnement d’un entraîneur lors des séances). Ainsi dans cette étude il est difficile de conclure sur l’influence du genre sur les blessures au CrossFit.
Néanmoins, il est conseillé aux athlètes des deux sexes d’être supervisé, particulièrement chez les débutants.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires sur ce sujet pour approfondir les connaissances sur le taux de blessures lors de la pratique du CrossFit ainsi que pour déterminer l’impact des blessures à long terme. L’encadrement des séances par un formateur qualifié peut aider à moduler le risque de blessures [1].
Traduit par Erwann Le Corre
Illustrations : Emmanuelle Attia (formatrice Kinesport, CrossFit Level 1 Trainer)

Article Original :

“Are Injuries More Common With CrossFit Training Than Other Forms of Exercise?” by Klimek C, Ashbeck C, Brook AJ, Durall C
Journal of Sport Rehabilitation © 2017 Human Kinetics, Inc.

Bibliographie :
  1. Weisenthal BM, Beck CA, Maloney MD, DeHave KE, Giordano BD. Injury rate and patterns among CrossFit athletes. Am J Sports Med. 2014; 2(4).
  2. Grier T, Canham-Chervak M, McNulty V, Jones B. Extreme conditioning programs and injury risk in a US army brigade combat team. U.S. Army Med Dep J. 2013; 36-47.
  3. Hak PT, Hodzovic E, Hickey B. The nature and prevalence of injury during CrossFit training. J Strength Cond Res. 2013.
  4. Gautam PL, Luthra N, Nain PS. Sports induced cardiac arrest: A case of missed rhabdomyolysis. J Clin Diagn Res. 2015; 9(9):1-2.
  5. Hill OT, Wahi MM, Carter R, Kay AB, McKinnon CJ, Wallace RF. Rhabdomyolysis in the US active duty army, 2004-2006. Med Sci Sports Exerc. 2012; 44(3): 442-49.
  6. van Gent R, Siem D, van Middelkoop M, van Os A, Bierma-Zeinstra S, Koes B. Incidence and determinants of lower extremity running injuries in long distance runners: a systematic review. Brit Jour Sport Med. 2007;41(8):469-480 12p. doi:10.1136/bjsm.2006.033548 
  7. Calhoon G, Fry A. Injury rates and profiles of elite competitive weightlifters. J Athlet Train. 1999; 34(3):232-238.  
  8. KoltG,KirkbyR.Epidemiologyofinjuryineliteandsubelitefemalegymnasts:a comparison of retrospective and prospective findings...including commentary by Kerr G. Br. J. Sports Med. 1999; 33(5):312-318. doi: :10.1136/bjsm.33.5.312 
  9. Williams S, Trewartha G, Kemp S, Stokes K. A meta-analysis of injuries in senior men's professional rugby union. Sports Med .2013; 43(10):1043-1055.
  10.  DeLee JC, Farney WC. Incidence of injury in Texas high school football. Am J Sports Med. 1992; 20(5):575-580.
  11. Anderson BL, Hoffman MD, et al. High school football injuries: Field conditions and other factors. Wis Med J. 1989; 88(10): 28-31.
  12. Lorentzon R, Wedren H, Pietila T. Incidence, nature, and causes of ice hockey injuries: A three-year prospective study of a Swedish elite ice hockey team. Am J Sports Med. 1988; 16(4):392-396.
  13. Rechel J, Yard E, Comstock R. An epidemiologic comparison of high school sports injuries sustained in practice and competition. J Athlet Train. 2008; 43(2):197-204. 


Instagram Twitter Facebook Inscription Newsletter

Kinesport - 0810 821 001- secretariat@kinesport.fr - Mentions Légales