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​COMMENT SE SERVIR D'ÉTUDES DE FAÇON TROMPEUSE OU INUTILE : un autre exemple



Suite à notre brève publiée ici.
Continuons dans notre lancée.
 
Passionné par le sujet des lésions musculaires, je m’exerce à une veille constante chaque jour. Sur le sujet, les grandes revues d’études nous montrent les critères d’in/exclusions qui réduisent finalement le nombre d’études à peau de chagrin.

Il y a quelques semaines, une étude sur les lésions musculaires dans le rugby est publiée : « A retrospective analysis of hamstring injuries in elite rugby athletes: More severe injuries are likely to occur at the distal myofascial junction » par Kenneally-Dabrowski et al.
 Au départ je me réjouis de trouver une étude sur les LMA dans le rugby de haut niveau. Mais quelle déception à la lecture de l’article : pourquoi ? 

-    Publication portant sur un faible échantillon de 74 joueurs en Super Rugby pendant 5 ans sur toute la population de rugbymen avec 16 matchs par saison. L’ensemble des joueurs n’ayant pas pu participer à toute l’étude. Enfin cette étude a été réalisée dans un seul club, ne permettant pas de mesures comparatives avec le reste des autres clubs, pays ou niveaux. 
-    30 lésions musculaires des muscles ischios-jambiers en 5 ans dont 18 graves ( dont seulement 15 parmi elles sont éligibles). La publication porte donc seulement sur 27 lésions, pas plus, en 5 ans. 27% d’entre elles avec une description en double lésion (parfois même en proximale et distale). De plus, toutes les lésions n’ont pas eu de diagnostic par imagerie (données manquantes et manque de standardisation, absence des relevés entre autre des lésions grades 1). Les auteurs reconnaissent le biais. Ils vont même plus loin dans la reconnaissance des limites de leur étude, je cite «  …. Par conséquent, la classification du lieu et du grade de la blessure peut ne pas être représentative de toutes les blessures… »
-    Publication réalisée de 2013 à 2017 et reposant sur un concept anatomique publié en 2015
-    Aucune description du mécanisme intrinsèque ou extrinsèque:  on sait juste si c’est arrivé en course pour 77 % (plaqué ou non plaqué ?) et pour 10% en mêlée (poussée ou contact ?) et 13 %, le pathomécanisme est inconnu. Or on sait que les blessures musculaires intrinsèques et extrinsèques sont très différentes.
-    Description pathologique reposant sur la BAMIC publiée en 2015, classification non validée (cf infographie ICI ) et avec une variabilité inter-opérateur trop grande.
-    Le médian du nombre de jours manqué est étonnamment de 26 jours alors qu’une majorité des lésions (80%) sont de grade 2a donc bénignes, donc bien au-delà des standards actuels de RTP. 
-    Les blessures n’ont pas été corrélées au temps d’exposition 


CONCLUSION :

Cette étude ne peut être éligible tant il y a un nombre important de confusions et de non standardisation. En aucune mesure Kinesport ne peut l’interpréter pour une réflexion de prévention et encore moins d’épidémiologie. C’est pourquoi nous ne l’avons pas mise en avant. 

Arnaud BRUCHARD



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