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Acupuncture et manipulation fasciale



Depuis les anciens temps, l’acupuncture a apporté son flot de constations de résultats sur des pathologies diverses et variées. Cependant, remise souvent en cause quant à ses modalités, un ensemble d’études donne une toute autre approche de cet art. La technique est alors rapprochée subitement sur le plan des actions et des raisonnements, des méthodes fasciales et conjonctives habituellement utilisées. Ces découvertes sont en complète harmonie avec les travaux et réflexions que Kinesport et l’ensemble de ses formateurs mènent à ce jour.

Les découvertes sur les fascias vont à vitesse grand V. L’équipe de Langevin, Jason et Yandow du Vermont ont publié une étude parue en 2002, et d’autres qui ont suivies ( 2004, 2006,2007…). Les études de Langevin et coll. ont entrainé une cascade de recherches notamment en fasciathérapie. Ida Rolf à même écrit un article sur les travaux de Langevin : Fascia, Chinese Medicine Meridians & Trigger Points

La première étude date déjà de 9 ans !  Peu de monde a relayé cette information en dehors du circuit des acupuncteurs. Pourtant, elle reste incroyablement novatrice, d’où notre souhait de la partager. Ainsi que les analyses notamment du Dr Stefan. Via le développement des découvertes sur les fascias et des congrès de recherche à ce sujet, Shleip (auteur du fabuleux article sur la plasticité fasciale entre autre) a partagé cette série d’études.

Habituellement, l’acupuncture est plus ou moins représentée par des travaux sur des points d’énergie le long de canaux ou méridiens reliant la surface de la peau aux organes. Rappelons toutefois, que l’acupuncture n’est pas du domaine de compétence des masseurs-kinésithérapeutes,  partir du moment où il y a un agent invasif. Malgré cela des cours sont organisés par les kinés par des organismes peu respectueux des règlementations…
L’équipe du Vermont à utilisé une technique ultra-sonore spécifique ( élastographie : avec une étude de la déformation des tissus), des dissections et des plans anatomiques. Ils ont ainsi découvert
  • que 80% des points correspondent à des localisations de plans connectifs intra et intermusculaires.
  • que le travail de ces points par la rotation de l’aiguille, fait intervenir la mécanotransduction induite par les fibroblastes du tissu conjonctif, associée à l’intervention de récepteurs neuro-sensoriels.
 
Repris par le docteur  Stéphan, les travaux de Langevin et coll . ont permis de savoir que les effets locaux et distants de l’acupuncture s’expliquent par le phénomène biomécanique du saisissement de l’aiguille par le tissu conjonctif lâche qui s’enroule autour d’elle. De fait, la manipulation de l’aiguille, à la recherche du deqi, transmet via le signal mécanique déclenché par les cellules du tissu conjonctif, une mécanotransduction qui engendre à son tour une modification du milieu extra-cellulaire avec tout son cortège de neuromodulation.
Il s’avère aussi que différents types de récepteurs neuro-sensoriels peuvent être aussi stimulés par la déformation de la matrice du tissu conjonctif liée à la manipulation de l’aiguille.
 
Transduction des signaux mécaniques dans le tissu conjonctif
De nombreux récepteurs présents à la surface des cellules conjonctives sont sensibles aux contraintes mécaniques engendrées par l’aiguille d’acupuncture et y répondront par une mécanotransduction. Outre les modifications structurales induites par cette action mécanique, mais qui peut être aussi thermique, cette mécanotransduction déclenchera à son tour des cascades complexes d’événements biochimiques dans la cellule elle-même (effet autocrine) ou à proximité (effet paracrine).
 
Par exemple , les intégrines, la taline, la tyrosine kinéase, les plaques d’adhérences,etc, qui gèrent entre autre les liaisons, la communication,  la motilité, la prolifération , l’apoptose, et le détachement des cellules de leur support… vont être influencés par le phénomène de mécanotransduction. La puncture d’une aiguille d’acupuncture ( ou un autre situmulus)  va déclencher toute une cascade de réactions cellulaires, incluant des interactions des protéines du cytosquelette avec modifications de structure liées au stress.
 
Le fibroblaste va donc développer tout un répertoire de réponse à un stress mécanique : un stress de court terme (quelques minutes à heures comme l’insertion d’une aiguille d’acupuncture) entraîne une redistribution des éléments et un rapide remodelage du cytosquelette.
 
La lente propagation de la sensation de deqi le long des méridiens d’acupuncture peut être due à la rapide contraction des fibroblastes qui implique en quelques minutes une polymérisation de l’actine soluble globulaire. Ainsi Langevin et coll. en employant une nouvelle technique ultrasonique in vivo (l’élastographie) ont permis de quantifier le déplacement du tissu pendant la manipulation de l’aiguille et ont détecté un déplacement spatial du tissu dans tous les quadrants et jusqu’à 4 cm d’éloignement par rapport au point de puncture
Acupuncture et manipulation fasciale

En cas d’insertion et de rotation de l’aiguille d’acupuncture, il y a
  • enroulement et attraction du tissu de la périphérie vers l’aiguille attirant la matrice extracellulaire vers les fibroblastes aux plaques d’adhérence focale sur lesquelles opèrent les intégrines  puis formation de lamellipodes dans les régions de la cellule qui sont mécaniquement stimulées
  • augmentation de la contraction de l’actino-myosine sans formation de fibres distinctes de stress ;
  • migration de microtubule et stabilisation ;
  • augmentation de la tension intracellulaire, expansion du fibroblaste et aplatissement en un tissu plat.
Ainsi les fibroblastes génèrent des médiateurs spécifiques actifs sur le fibroblaste lui-même (effet autocrine) ou sur les cellules proches et la matrice extracellulaire (effet paracrine).
 
Cela nous ramène aux différentes conclusions et synthèse de précédents articles :
  • Quelque soit la technique utilisée, c’est l’information qu’elle génère qui est importante
  • Que beaucoup de techniques s’adressent aux fascias : manipulation, technique spécifique, acupuncture, taping, étirement, travail excentrique…
  • Que la manipulation conjonctive (étiopathie, manipulation fasciale, acupuncture, massage réflexe…) s’avère très importante dans la régulation de dysfonction.
  • Que toute information reçue, entraine une cascade de remaniement structurel, chimique et nerveux.
Acupuncture et manipulation fasciale




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