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Blessures et maladies du sportif : toutes les définitions par le consensus 2020 du CIO

Déclaration de consensus du Comité international olympique 2020 - Méthodes d'enregistrement et de communication des données épidémiologiques sur les blessures et les maladies dans les sports



La surveillance des blessures et des maladies, ainsi que les études épidémiologiques, sont des éléments fondamentaux visant à améliorer la santé des athlètes. Des programmes de surveillance des blessures soigneusement conçus, une saisie précise des données et une analyse minutieuse sont les éléments de base des programmes de prévention des blessures et des maladies sportives. 
 
Quel est le risque pour un athlète individuel de subir une blessure aiguë, de développer une blessure due à la surutilisation ou de tomber malade dans un sport donné ? Dans un sport donné, quelles sont les caractéristiques et la gravité des blessures et des maladies ? Comment comparer les taux de blessures dans les différents sports ? Les caractéristiques et les facteurs des participants en compétition et à l'entraînement ont-ils une incidence sur le risque ? 
 
Afin d'encourager la cohérence des définitions et des méthodes utilisées, et de permettre la comparaison des données entre les études, des équipes de recherche ont publié des documents de consensus sur l'épidémiologie des blessures dans le sport. 

Nous avons maintenant plus de dix ans d'expérience avec les recommandations existantes. L'épidémiologie du sport a progressé, avec un nouvel accent sur les blessures dues de surutilisation et sur les maladies. Les méthodes de collecte et de communication des données ont également progressé, car des données sont collectées pour la surveillance de routine ou des études d'observation ou d'intervention prédéfinies dans divers contextes, allant des sports amateurs aux sports d'élite, dans les sports pour les personnes valides et les athlètes handicapés, et dans les sports d'équipe et les sports individuels. En 2005, lorsque la première de ces déclarations de consensus sur la surveillance des blessures sportives a été élaborée, il n'y avait pas d'accord sur les méthodes de compte rendu de la recherche. 

En 2019, le Comité international olympique (CIO) a réuni un groupe d'experts pour mettre à jour les recommandations dans le domaine de l'épidémiologie du sport et établir cette déclaration de consensus.  Xavier Laurent vous propose sa traduction.

OBJECTIFS :
- Un objectif spécifique était d'encourager davantage la cohérence dans la collecte des données, les définitions des blessures et les rapports de recherche (en accord, si possible, avec les recommandations de travail d'EQUATOR Net). 
- Un autre objectif était de fournir des conseils pratiques aux chercheurs sur la façon de planifier et de mener la collecte de données et sur la façon de les rapporter. 
 
 
MÉTHODES : 

Processus en huit étapes : 
  1. Enquête en ligne
  2. Groupes de travail ont examiné les réponses à l'enquête, la littérature disponible et le projet de texte 
  3. Tous les membres du groupe de consensus ont examiné le projet de texte 
  4. Groupes de travail initiaux ont révisé leur projet de texte 
  5. Réunion de consensus de 3 jours s'est tenue à Lausanne, en Suisse (9-11 octobre 2019) ;
  6. Nouveaux groupes de travail ont révisé le projet de texte 
  7. Groupe éditorial (R.B, K.C., B.R., K.M.K.) a effectué les dernières révisions  
  8. Tous les auteurs ont revu et approuvé le projet final
 
Le département médical et scientifique du CIO a désigné R.B. pour présider le groupe de consensus. Inclusion d’experts ayant une expérience de la recherche dans divers contextes (types de sports, groupes d'âge, niveaux de performance) et ayant pour résultats divers problèmes de santé (par exemple, des maladies, et pas seulement des blessures aiguës).
 
DÉFINITIONS ET CLASSIFICATIONS DE PROBLÈMES DE SANTÉ : 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé comme "un état de complet bien-être physique, mental et social" et pas seulement comme l'absence de maladie ou d'infirmité. En élargissant cette définition, Clarsen et al ont défini un problème de santé athlétiquecomme toute condition qui réduit l'état de santé normal d'un athlète, indépendamment de ses conséquences sur la participation ou la performance sportive de l'athlète ou du fait que l'athlète ait ou non consulté un médecin. Il s'agit d'un terme général qui inclut, sans s'y limiter, les blessures et les maladies (1). 

Les problèmes de santé peuvent avoir plusieurs conséquences : 
- Un problème de santé qui fait qu'un athlète reçoit des soins médicaux est appelé "medical attention"
- Un problème de santé qui fait qu'un joueur est incapable de terminer la session d'entraînement ou la compétition actuelle ou future est appelé "time loss"
Comme tous les problèmes de santé ne limitent pas la capacité d'un athlète à participer ou ne nécessitent pas de soins médicaux, des définitions plus larges permettront de prendre en compte davantage de problèmes de santé : la figure 1 illustre ces différences.
 
Blessures et maladies du sportif : toutes les définitions par le consensus 2020 du CIO

Définir la blessure et la maladie :

- Une blessureest une lésion tissulaire ou un autre dérèglement des fonctions physiques normales dû à la pratique d'un sport, résultant d'un transfert rapide ou répétitif d'énergie cinétique.
- La maladieest une plainte ou un trouble vécu par un athlète, sans lien avec la blessure. Les maladies comprennent les problèmes de santé physique (par exemple, la grippe), mentale (par exemple, la dépression) ou de bien-être social, ou encore l'élimination ou la perte d'éléments vitaux (air, eau, chaleur).
 
 
Relations avec les activités sportives :
 
Des problèmes de santé peuvent en résulter :
1. Directement de la participation à des compétitions ou de l'entraînement aux compétences fondamentales d'un sport.
2. Indirectement de la participation d’activités liées à la compétition ou à l'entraînement dans un sport mais pas pendant une compétition ou une séance d'entraînement (par exemple, glisser, tomber et se blesser au village olympique ; développer une maladie après un voyage international pour une compétition ou une maladie considérée comme liée à une charge d'entraînement accrue sur quelques semaines).
3. Des activités qui ne sont pas du tout liées à la pratique d'un sport, c'est-à-dire qui se produiraient en l'absence de participation à l'entraînement des compétiteurs dans les compétences fondamentales d'un sport (par exemple, un accident de voiture, un arrêt cardiaque soudain à la maison).
 
Mode de déclenchement

Traditionnellement, les problèmes de santé ont été classés en deux catégories : ceux qui se manifestent soudainement et ceux qui se manifestent progressivement. Les problèmes de santé d'apparition soudaine étaient considérés comme résultant d'un événement spécifique identifiable (par exemple, une collision entre un athlète et un objet causant une fracture). Les problèmes de santé à apparition progressive, en revanche, sont considérés comme ceux qui ne sont pas dus à un événement soudain et précipitant (par exemple, une tendinopathie induite par des mouvements répétitifs). 
Le terme "blessure de surmenage" est couramment appliqué aux blessures à apparition progressive. Cependant, ce terme est utilisé de façon incohérente dans la littérature et la plupart des systèmes de surveillance des blessures ne définissent pas le terme "blessure de surmenage".
 
Mode d'apparition - blessure

Pour les blessures, l'épidémiologie classique apporte une solution à ce problème en considérant les problèmes de santé comme le résultat d'une série d'interactions entre l'agent (agent), l'hôte (host) et l'environnement (environment). 
L'épidémiologie des blessures a adapté ce modèle en définissant l'énergie cinétique comme "l'agent" de la blessure. Dans ce modèle, suivant la définition ci-dessus, la blessure résulte d'un transfert d'énergie cinétique (agent) qui endommage les tissus.  La blessure peut résulter d'un échange quasi instantané de grandes quantités d'énergie cinétique (par exemple, comme dans une collision entre athlètes), de l'accumulation progressive d'un transfert de faible énergie au fil du temps (comme dans l'exemple des lésions dues au stress osseux), ou d'une combinaison des deux mécanismes (régime d'entraînement répétitif entraînant une faiblesse tendineuse qui se manifeste ensuite de manière aiguë sous la forme d'une rupture due aux forces d'accélération appliquées lors d'un seul saut). Ce modèle suggère que le mode d'apparition des blessures devrait être conçu comme une interaction continue d'expositions à l'énergie.
 
Mode d'apparition de la maladie

Les maladies, comme les blessures, peuvent être soit associées à un événement précipitant spécifique (par exemple, un joueur ingérant une toxine provenant de la nourriture et souffrant d'une maladie gastro-intestinale qui se manifeste dans les heures suivant l'exposition), soit impliquer un cheminement progressif qui ne peut être lié à un événement précipitant spécifique (par exemple, une fatigue progressive due à une charge d'entraînement accrue). De même, l'échelle de temps pour une maladie soudaine peut être de quelques secondes ou minutes (par exemple, anaphylaxie aiguë), se développer dans les heures qui suivent l'exposition à un agent pathogène ou à une toxine (par exemple, gastro-entérite), ou même de quelques jours ou semaines (par exemple, infection des voies respiratoires supérieures).
Le mode d'apparition des maladies peut également être lié à un événement spécifique, avec ou sans pathologie subclinique sous-jacente. Comme pour les blessures, de nombreuses maladies reflètent à la fois la pathologie sous-jacente et un événement soudain (par exemple, un athlète peut être prédisposé à une hyperréactivité bronchique, qui peut se manifester de manière aiguë sous forme de constriction bronchique lorsqu'il est exposé à la pollution atmosphérique sur un site).
 
Classification du mode de déclenchement

Nous recommandons que la surveillance des blessures/maladies cesse d'utiliser la dichotomie " apparition soudaine " et " apparition progressive" et mette en œuvre des méthodes qui permettent de saisir les subtilités pertinentes. Nous encourageons les chercheurs à développer et à utiliser des mesures qui aideront à identifier les blessures et les maladies qui impliquent des mécanismes mixtes aigus et répétitifs. Les collecteurs de données devraient examiner si un problème de santé résulte d'un mécanisme aigu clair, d'un mécanisme répétitif clair ou semble inclure un mélange des deux éléments (tableau 1). Les exemples 1 et 3 du tableau 1 reflètent respectivement une étiologie aiguë claire et répétitive, tandis que l'exemple 2 représente une étiologie mixte.
 

Classer le mécanisme de la blessure

Le mécanisme d'apparition n'a généralement été défini que dans le contexte de blessures soudaines. 
Les blessures aigües peuvent résulter de mécanismes de contact et sans contact. cette classification est examinée ci-dessous et présentée dans le tableau 2. Les mécanismes de contact direct conduisent directement au problème de santé de manière immédiate et proximale. Les mécanismes de contact indirect découlent également du contact avec d'autres personnes ou avec un objet. La force n'est pas appliquée directement sur la zone blessée mais contribue à la chaîne causale, conduisant au problème de santé.  Les mécanismes de sans contact sont ceux qui conduisent à des problèmes de santé sans aucun contact direct ou indirect d'une autre source externe. 

Les blessures progressives, de par leur nature, sont sans contact. Nous prévoyons que les déclarations de consensus ultérieures spécifiques au sport fourniront des sous-classifications plus détaillées pour traiter des caractéristiques spécifiques des mécanismes de contact (par exemple, sous-classe - classification du contact avec des objets, tels que la balle, la batte, le filet, la porte). 
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Événements multiples et problèmes de santé

L'une des particularités de l'épidémiologie sportive, combinée à d'autres contextes, est la probabilité relativement élevée qu'un athlète souffre de plus d'un problème de santé au cours de la période de suivi (figure 2). L'apparition relativement fréquente de plusieurs problèmes de santé chez un même patient pose des difficultés pour la déclaration et l'analyse des données relatives aux blessures et aux maladies sportives. Lorsque l'on indique la fréquence (ou la proportion) de diagnostics spécifiques ou d'autres caractéristiques, il est important de préciser clairement si celle-ci est exprimée comme la proportion de tous les athlètes suivis, la proportion de tous les athlètes blessés, ou la proportion de toutes les blessures déclarées.

Problèmes de santé ultérieurs, récurrents et/ou aggravés

Un problème de santé ultérieur était-il lié à des problèmes de santé antérieurs ?

C'est une question importante dans ce domaine. Pour savoir si les problèmes de santé font suite à des problèmes de santé antérieurs, il faut que les deux ensembles de problèmes soient classés correctement en utilisant une terminologie cohérente. Cet exercice peut permettre de mieux comprendre les facteurs étiologiques qui sous-tendent les problèmes de santé ultérieurs. 
 
Hamilton et al. ont fourni un cadre utile pour classer les blessures/maladies et les exacerbations ultérieures dans le sport (figure 3). Des cadres plus récents intègrent des critères étendus qui exigent le jugement de cliniciens formés, ce qui peut dépasser la portée et la capacité de nombreux protocoles de surveillance. Lorsque les cadres de déclaration deviennent plus complexes, le risque d'erreurs de données est plus élevé. En général, nous ne recommandons pas de cadres complexes, mais ils peuvent être envisagés pour la collecte et l'analyse de données sophistiquées lorsque l'expertise et les ressources appropriées existent. 
 
La terminologie recommandée pour les blessures ultérieures, adaptée de Hamilton et al , consiste notamment à noter si les blessures ultérieures (1) affectent le même site mais d'autres tissus (par exemple, le genou mais le ménisque au lieu du seul ligament croisé antérieur [LCA]) ou (2) affectent d'autres sites. La terminologie des maladies subaiguës indique si les maladies subséquentes affectent le même système (par exemple, respiratoire) mais d'autres diagnostics (par exemple, un bronchospasme distinct d'une maladie virale) ou d'autres systèmes. Les définitions pertinentes sont présentées dans la figure 3. Notez qu'une blessure peut être consécutive à une maladie et vice versa (par exemple, une blessure due à un stress osseux suite au diagnostic d'un trouble alimentaire, une dépression suite à une longue convalescence après une révision de reconstruction du LCA).
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Les blessures ultérieures au même endroit et dans les mêmes tissus que la blessure indexée sont des récidives si la blessure indexée a été guérie / complètement rétablie ou des exacerbations si la blessure indexée n'a pas encore été guérie / complètement rétablie

Les maladies subséquentes au même système et au même type que la maladie de référence sont des récidives si l'individu s'est complètement remis de la maladie de référence et des exacerbations si le patient ne s'est pas encore remis de la maladie de référenceLa guérison/rétablissement complet d'une blessure (ou d'une maladie) est définie comme étant le moment où l'athlète est entièrement disponible pour l'entraînement et la compétition (voir la section "Gravité des problèmes de santé"). 

Pour illustrer la manière de classer une blessure ultérieure, prenons l'exemple de l'athlète "A" qui, à la suite d'une rupture du LCA et d'une reconstruction chirurgicale, se présente à la fin de la période de rééducation avant de reprendre le jeu avec un gonflement et une douleur au genou après une blessure due à une chute, entraînant une déchirure de la greffe. Cette blessure serait classée comme une exacerbation de la blessure indexée. En revanche, l'athlète "B" s'est réadapté avec succès après la reconstruction du LCA et a repris le jeu ; ce joueur présente une douleur et un gonflement dans le même genou. Si le diagnostic est une rupture de greffe de LCA, cette blessure serait classée comme une récidive de blessure. Si le diagnostic est une déchirure du ménisque (greffe de LCA intacte), il s'agit d'une blessure locale ultérieure. 
Pour illustrer la manière de classer une maladie subséquente, prenons le cas d'un athlète "C" qui s'est retiré de la pratique sportive en raison d'une infection des voies respiratoires supérieures causée par le virus Influenza de type A, qui évolue ensuite vers une infection des voies respiratoires inférieures, ce qui entraîne un diagnostic de pneumonie virale. Comme l'athlète "C" est diagnostiqué avec une pneumonie avant sa récupération et son retour au jeu, le diagnostic de pneumonie est une exacerbation d'une maladie récurrente. En revanche, l'athlète "D", après s'être complètement remis d'une infection des voies respiratoires supérieures et avoir repris le jeu, se voit diagnostiquer une pneumonie ; cette maladie est une nouvelle maladie subséquente. 
Le délai avant une récidive ou une exacerbation doit être enregistré en jours (voir la section "Gravité des problèmes de santé"). Le tableau 3 présente une liste minimale des éléments de données recommandés pour la collecte d'informations sur les blessures ou maladies ultérieures.
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Classer les diagnostics de blessures et de maladies liées au sport

Les systèmes de classification des blessures et des maladies sont utilisés en médecine du sport pour :
  • Classer avec précision et regrouper les diagnostics à des fins de recherche ou de rapport, ce qui permet de les regrouper facilement dans des classifications pour en faire un résumé, afin de pouvoir suivre les tendances des blessures et des maladies dans le temps ou de comparer l'incidence ou la prévalence des blessures ou des maladies entre les groupes (par exemple, différentes équipes, ligues, sports, sexes), ce qui peut conduire à des études sur les facteurs de risque et la prévention.
  • Créer des bases de données à partir desquelles des cas peuvent être extraits pour des recherches sur des types particuliers ou spécifiques de blessures et de maladies.
 
À la fin des années 1980, les cliniciens et les chercheurs utilisaient la 9e édition de la ICD. Le système ICD est une norme internationale importante, mais même la 11e édition, publiée en 2018, ne comporte pas certaines classifications importantes pour la surveillance des blessures et des maladies sportives. La lésion des ischio-jambiers et l'hypotension posturale associée à l'exercice sont deux exemples. Nous encourageons les développeurs à inclure davantage de diagnostics de médecine du sport dans les futures révisions de l’ICD. Au début des années 1990, au Canada et en Australie, deux systèmes de codage de diagnostic alternatif ont été développés spécifiquement pour la médecine du sport, et ils sont devenus les systèmes les plus utilisés aujourd'hui dans le monde pour la surveillance des blessures sportives. Leur caractère "ouvert" a permis à d'autres chercheurs de les utiliser gratuitement (avec mention de la source). Ces systèmes de codage diagnostique sont le système de codage diagnostique de la médecine du sport (SMDCS) et le système de classification des blessures sportives (OSICS). Ces deux systèmes sont basés sur des codes initiaux pour représenter la zone du corps et d'autres codes pour représenter le type de blessure ou la pathologie. 

L'un des avantages de ces systèmes de codage est qu'ils sont moins lourds à appliquer que les codes ICD, surtout lorsqu'ils sont intégrés dans des systèmes électroniques avec des menus déroulants, en tirant parti des codes de la zone corporelle et du type de tissu/pathologie. Le système de codage complet de l’ICD-11 comprend 55 000 codes, dont la majorité ne sont pas pertinents dans le domaine de la médecine sportive, contre 750 à 1 500 codes pour les versions du SMDCS et de l'OSICS. 

Pour la déclaration des données sur les blessures, nous recommandons d'utiliser les catégories relatives à la surface corporelle (tableau 4) et au type de tissu et à la pathologie (tableau 5) décrites ci-dessous. En outre, les catégories pour le système/la région de l'organe (tableau 7) et l'étiologie (tableau 8) sont présentées ci-dessous pour les maladies. Lors de l'enregistrement des blessures ou des maladies, le diagnostic doit être consigné de manière aussi détaillée que possible, compte tenu des informations disponibles et de l'expertise de la personne qui fait la déclaration.

Reconnaissant que certaines études s'appuieront sur les déclarations des athlètes ou sur les déclarations par procuration des parents, des entraîneurs ou d'autres membres du personnel non médicalement formés, ce groupe de consensus suggère également des catégories pour guider la déclaration des maladies (tableau 9). 
Pour faciliter la déclaration basée sur les codes de diagnostic, un document d'accompagnement a été rédigé avec un fichier de données Excel (Microsoft) supplémentaire qui fournit une liste complète des codes SMDCS et OSIICS (Orchard Sports Injury and Illness Classification System) révisés, ainsi qu'une traduction entre les deux systèmes et le système ICD.
Blessures et maladies du sportif : toutes les définitions par le consensus 2020 du CIO

Blessures et maladies du sportif : toutes les définitions par le consensus 2020 du CIO

Blessures - Catégories de zones corporelles

Dans la mesure du possible, nous avons essayé de définir les zones du corps anatomiquement comme des articulations ou des segments. Toutefois, nous avons fait des exceptions basées sur des présentations cliniques courantes dans le sport lorsque cela était nécessaire. Par exemple, la hanche/le genou est une zone que nous avons définie, qui est une combinaison d'une articulation et d'une partie d'un segment, et donc pas une région anatomique singulière. Lorsqu'un événement entraîne plus d'une blessure, les diagnostics individuels doivent être enregistrés et classés séparément. Toutefois, pour les besoins de la déclaration de l'incidence et de la prévalence des blessures, celles-ci seront comptées comme une seule blessure, et la gravité doit être déclarée comme étant la gravité de la blessure principale (la plus grave).
 
Catégories de types de blessures, de tissus et de pathologies

Nous avons construit ce tableau comme un tableau unique reflétant les "types de blessures" (selon l'OSICS), mais nous avons divisé deux colonnes en "tissu" (comme zone générale) et ensuite en "pathologie" plus spécifiquement. Cela reflète l'approche originale adoptée dans le SMDCS.
 
Recommandations : Signaler les caractéristiques des blessures

Les caractéristiques des blessures sont souvent présentées dans un seul tableau par région, par type de blessure, ou les deux. Les tableaux croisés décrivant les données par région et par type de blessure (c'est-à-dire combinant le tableau 2 en 1) deviennent souvent volumineux et difficiles à manipuler. De tels tableaux fournissent également souvent des informations insuffisantes pour la recherche axée sur des domaines ou des sports spécifiques. 
Dans de nombreux cas, il est préférable de combiner la région, le type et le diagnostic dans un seul tableau, comme dans les exemples présentés dans le tableau 6, où certaines catégories ont été regroupées au niveau de la région du corps (en gras), d'autres ont été divisées en types de blessures (sous-hépatite) et d'autres encore au niveau du diagnostic spécifique (lymphocytes). 

Catégories de maladies pour le système organique et l'étiologie

Les catégories du consensus sur les maladies sont présentées dans les tableaux 7 et 8. Ces tableaux sont plus détaillés que les versions originales du SMDCS et de l'OSICS. Nos tableaux s'écartent du format de l’ICD dans lequel les systèmes corporels et les types d'anomalies sont regroupés. Nous pensons qu'il est important de reconnaître qu'une maladie, tout comme une blessure, affecte un système du corps et présente un type pathologique spécifique. Le tableau 9 énumère les groupes de symptômes caractéristiques des différents systèmes. Nous attirons votre attention sur le fait que ce tableau nécessite une validation supplémentaire et qu'il pourrait être modifié à l'avenir. 

Recommandations : Signaler les caractéristiques de la maladie

Nous recommandons de ne pas déclarer les données relatives aux maladies sous forme de tableaux croisés du système organique par type d'étiologie. Une meilleure option consiste à combiner le système/la région et l'étiologie dans un seul tableau, comme dans l'exemple sur les blessures présenté dans le tableau 6. En fonction du schéma de maladie du sport/de l'environnement, certaines catégories de régions peuvent être regroupées et d'autres divisées en types d'étiologie et même au niveau du diagnostic spécifique (lorsqu'il est disponible) pour mettre en évidence les maladies les plus importantes. 
 
GRAVITÉ DES PROBLÈMES DE SANTÉ

La gravité des problèmes de santé dans le sport peut être décrite à l'aide de divers critères. Ceux-ci comprennent la durée de la période pendant laquelle un athlète est incapable de s'entraîner/jouer (appelée "perte de temps"), les conséquences déclarées par l'athlète (diverses mesures de la santé et des performances sportives évaluées par le patient), l'étendue clinique de la maladie/blessure et le coût sociétal (évaluation économique). 
Lorsqu'ils déterminent le critère de gravité à utiliser, les investigateurs doivent tenir compte des points forts et des limites de chaque approche en fonction des objectifs de leur étude ou de leur programme de surveillance.
 
Perte de temps d’entrainement et de compétition

La mesure de gravité la plus utilisée en médecine du sport est la durée de perte de temps. Elle a été recommandée dans de précédentes déclarations de consensus et est relativement simple à saisir, même lorsque les personnes chargées de la collecte des données ne sont pas des experts (entraîneurs, parents ou athlètes eux-mêmes).
Lorsque nous utilisons cette approche, nous recommandons aux investigateurs d'enregistrer la gravité comme étant le nombre de jours pendant lesquels l'athlète n'est pas disponible pour l'entraînement et la compétition, à partir de la date de début jusqu'à ce que l'athlète soit entièrement disponible pour l'entraînement et la compétition.

Le nombre de jours de perte de temps doit être compté à partir de la date de début de l'arrêt jusqu'à ce que l'athlète soit totalement disponible pour l'entraînement et la compétition du jour suivant le début de l'incapacité de l'athlète à participer (jour 1) jusqu'à la veille du jour où l'athlète est entièrement disponible pour l'entraînement et la compétition. Par conséquent, les cas où un athlète ne termine pas une compétition ou une séance d'entraînement particulière mais revient le jour même ou le lendemain doivent être enregistrés comme 0 jour de perte de temps (voir tableau 10 pour des exemples). 
Lorsque les athlètes se remettent de problèmes de santé pendant des périodes sans entraînement ou compétition prévus (par exemple, pendant une pause de fin de saison), les enquêteurs doivent enregistrer la date de fin comme étant le moment où l'athlète aurait normalement été prêt à participer pleinement à l'entraînement et à la compétition.
 
Lors du cumul des données sur les athlètes, la gravité doit être déclarée comme le nombre total de jours de perte de temps, avec les médianes et les quartiles. Les moyennes et les écarts-types doivent être interprétés avec prudence, étant donné que la répartition des jours de perte de temps est probablement faussée. 

Lors de la déclaration séparée des données dans les catégories de gravité, nous recommandons d'utiliser les délais suivants : 0 jour, 1 à 7 jours, 8 à 28 jours, et >28 jours. 

Si un seul événement entraîne plusieurs blessures, la gravité de la blessure doit être basée sur la blessure entraînant la perte de temps la plus longue.

Blessures et maladies du sportif : toutes les définitions par le consensus 2020 du CIO

Problèmes de santé contractés lors d'événements de plusieurs jours

Une fois que les athlètes ont quitté une épreuve, il peut être difficile d'obtenir des informations précises sur leur état de santé et leur retour au jeu. Pour les cas qui n'ont pas été clôturés par une date de retour au jeu au moment de la fin de l'événement, nous recommandons de le faire :
  1. Si le chercheur peut se mettre en rapport avec le personnel médical de l'équipe et enregistrer la date réelle de retour au jeu, cette information devrait être saisie. Il est recommandé de collecter les dates réelles.
  2. Si cela n'est pas possible, il faut demander au personnel médical de l'équipe de fournir une estimation de la date à laquelle l'athlète est censé revenir jouer. Dans ce cas, cette information doit être clairement identifiée comme une estimation de la gravité du problème.
  3. Si cela n'est pas possible, le personnel médical de l'événement doit alors enregistrer la date à laquelle l'athlète quitte le tournoi, c'est-à-dire la dernière date à laquelle l'athlète a été vu avec le problème de santé non résolu. Dans ce cas, l'information doit être clairement étiquetée comme durée de la blessure censurée à droite (un terme statistique pour les situations dans lesquelles seule une partie de la perte de temps peut être observée).
 
Limites de l'utilisation de la perte de temps pour mesurer la gravité

La perte de temps reflète généralement la gravité des blessures mais a des limites. Premièrement, la démarcation entre la fin de la perte de temps et la reprise de "l'entraînement et de la compétition" n'est pas nécessairement claire. Dans certains sports, les athlètes peuvent être en mesure de participer avant qu'une blessure ou une maladie ne soit complètement résolue, par exemple en adaptant leur technique, en acceptant un niveau de performance inférieur ou en jouant un rôle différent dans l'équipe. La participation avant qu'une blessure ou une maladie ne soit complètement résolue aurait tendance à sous-estimer la gravité de la blessure si l'on considérait la guérison complète comme le Gold Standard. Inversement, les athlètes peuvent choisir de ne pas reprendre leur entraînement et leurs compétitions "normales" pendant une période prolongée après la guérison clinique d'une blessure ou d'une maladie pour leur permettre de retrouver une pleine forme physique (par exemple, un joueur de football professionnel après une reconstruction du LCA). Cela reviendrait à surestimer la gravité de l'affection. 

Deuxièmement, une mesure de la gravité basée sur la perte de temps sous-estime la gravité des problèmes de santé qui limitent la performance d'un joueur mais ne l'empêchent pas de jouer. De nombreuses blessures à apparition progressive correspondent à ce critère (par exemple, la tendinopathie rotulienne). De même, lorsque les athlètes souffrent d'une maladie récurrente ou chronique, comme l'asthme ou l'arthrite inflammatoire, ils peuvent perdre relativement peu de temps (à l'entraînement ou en compétition), mais peuvent être très affectés par le contexte et l'intensité de l'entraînement.
Troisièmement, la perte de temps est inappropriée pour décrire les types de problèmes de santé les plus graves, tels que ceux qui conduisent à la retraite sportive, à une invalidité permanente ou à la mort, car les données relatives à la perte de temps résultant de ces blessures sont censurées.
 
Symptômes et conséquences signalés par les athlètes

Il existe des outils pour mesurer les symptômes des blessures et des maladies qui réduisent les limites sus-évoquées. Un outil tel que le questionnaire sur les problèmes de santé du Centre de recherche sur les traumatismes sportifs d'Oslo (OSTRC-H) complète les mesures de la gravité de la perte de temps, car il permet également de saisir les symptômes et les conséquences fonctionnelles des blessures et des maladies.
L'outil (qui peut être fourni via une application mobile) invite les athlètes à enregistrer une participation sportive réduite, des modifications de l'entraînement, des réductions de performance et des symptômes17. En fonction des réponses à ces questions, les chercheurs peuvent calculer un score de gravité allant de 0 à 100 à des moments précis. Ces scores peuvent être agrégés (additionnés comme l'aire sous la courbe) pour suivre les blessures et les maladies dans le temps (figure 4). C'est ce que l'on appelle le score de gravité cumulé. 

Enregistrer la gravité des problèmes de santé sur la base d'une évaluation clinique

Les investigateurs peuvent également faire état de la gravité des problèmes de santé en fonction des résultats cliniques tels que la nécessité d'une hospitalisation ou d'une intervention chirurgicale, la retraite sportive, une invalidité permanente ou le décès. 

La gravité d'une blessure ou d'une maladie peut également être enregistrée en fonction du degré et de l'urgence des soins médicaux reçus par l'athlète. Cette approche est la mieux adaptée pour enregistrer les affections aiguës et est souvent utilisée dans les événements de masse et les contextes sportifs communautaires. 
Toutes les conditions conduisant à une invalidité permanente ou à un décès qui surviennent pendant la période de collecte des données doivent être déclarés séparément. Certaines définitions spécifiques sont acceptées dans ce domaine :
  • Une "blessure catastrophique" désigne une lésion confirmée de la moelle épinière ou un traumatisme crânien, entraînant une incapacité fonctionnelle permanente (selon l'échelle de l'American Spinal Injury Association et évaluée à 12 mois). Cela n'inclut pas les blessures entraînant des déficits neurologiques transitoires tels que brûlures, paresthésies, quadriplégies transitoires ou cas de commotion cérébrale dans lesquelles il y a un rétablissement complet. Le terme "événement catastrophique" a également été étendu pour inclure des événements sans blessure qui mettent la vie en danger, tels que les arrêts cardiaques soudains liés à la pratique d'un sport et les coups de chaleur à l'effort. 
  • Un "décès" désigne tout décès d'athlète lié à l'entraînement ou à la compétition. Lorsque les décès surviennent des mois ou des années après l'événement, les chercheurs doivent justifier le lien avec l'entraînement ou la compétition.
 
Autres mesures de gravité

Selon le contexte sportif et l'objectif de la collecte de données, les investigateurs peuvent également quantifier la gravité par les mesures de la fonction, de la performance et des résultats déclarés par le patient. 
 
SAISIR ET SIGNALER L’EXPOSITION DES ATHLÈTES :

L'évaluation de l'exposition est fondamentale pour quantifier le risque de blessure et de maladie dans les sports. Il existe de nombreuses façons de quantifier l'exposition sportive, et aucune mesure unique ne conviendra à tous les cadres de surveillance et à toutes les questions de recherche. Le choix des mesures de l'exposition est fortement influencé par des facteurs contextuels et spécifiques au sport, ainsi que par les types de problèmes de santé qui présentent un intérêt.  Il est donc souvent nécessaire d'enregistrer l'exposition de plusieurs manières.
 
Suivi de l'exposition pour l'analyse des blessures

Pour les blessures, l'exposition est généralement quantifiée comme étant la durée pendant laquelle les athlètes risquent de se blesser (par exemple, les minutes jouées), la distance parcourue ou un décompte du nombre d'événements spécifiés (par exemple, les plaquages, les lancers ou les sauts). Dans certains sports, l'exposition est généralement exprimée par le nombre de participations à des activités sportives (par exemple, des jeux, des courses, des séances d'entraînement), souvent appelé "exposition athlétique". 

Dans les sports d'équipe, nous recommandons d'enregistrer l'exposition pour chaque individu au sein d'une équipe plutôt que de se contenter d'estimer le nombre de matches joués par l'équipe et la durée des matches (exposition de l'équipe), car cette dernière permet au chercheur d'examiner les facteurs de risque individuels. Les résultats de tous les individus sont ensuite additionnés pour fournir l'exposition au niveau du sport ou de l'équipe. 
Comme le risque de blessure est souvent très différent entre l'entraînement et la compétition, ces expositions doivent être enregistrées et rapportées séparément. Pour ce faire, il est nécessaire de définir la compétition et l'entraînementet de prendre en compte les situations où l'application de la définition peut être difficile. Nous définissons la compétition comme un jeu organisé et programmé entre des athlètes ou des équipes d'athlètes adverses ou comme un ou plusieurs athlètes qui s'affrontent (1) contre le temps et/ou (2) pour obtenir un score(jugé ou mesuré). 

Nous définissons l'entraînement comme des activités physiques pratiquées par l'athlète dans le but d'entretenir ou d'améliorer ses compétences, sa condition physique et/ou ses performances dans son sport. 
Dans de nombreux sports, il est courant de simuler des compétitions dans le cadre de l'entraînement. En général, cela doit être comptabilisé comme une exposition à l'entraînement. En outre, les activités telles que l'échauffement et la récupération doivent être comptabilisées séparément et signalées comme des blessures à l'entraînement, même si elles surviennent à l'occasion d'une compétition. 

Suivi de l'exposition pour les analyses de maladies

Étant donné que les athlètes restent exposés au risque de développer une maladie même lorsqu'ils ne pratiquent pas de sport, il n'est pas approprié d'utiliser des mesures d'exposition telles que les heures de jeu ou le nombre de mouvements pour quantifier le risque de maladie(sauf pour les rares cas d'infections transmissibles spécifiques à la pratique d'un sport, comme la variole). Au contraire, il est souventplus approprié d'utiliser des mesures d'exposition basées sur le temps pendant lequel les athlètes sont sous surveillance (jours ou années) plutôt que sur le temps consacré à la compétition et à l'entraînement.
 
Enregistrement de l'exposition pendant les compétitions de plusieurs jours

Idéalement, les investigateurs devraient obtenir des dossiers précis sur la participation individuelle de chaque athlète (par exemple, les minutes d'entraînement et de compétition) tout au long du tournoi. Toutefois, cela n'est pas toujours possible. Des estimations acceptables de l'exposition peuvent également être faites en obtenant des données récapitulatives de chaque équipe pour chaque jour du tournoi (par exemple, le nombre de participants). Au minimum, l'exposition peut être estimée pour chaque événement en multipliant le nombre d'athlètes inscrits par la durée du tournoi (le nombre de jours de compétition). Dans les tournois multisports, ce chiffre doit être calculé pour chaque sport. Toutefois, cette approche suppose que tous les athlètes ont la même exposition et participent chaque jour, ce qui est rarement le cas.
 
Sous-catégories d’entrainement

Les différents types d’entrainement doivent, si possible, être enregistrés et déclarés séparément.
Les types d’entrainement peuvent généralement être classés comme suit :
  • Entraînement spécifique au sport : séances impliquant les techniques et/ou les tactiques du sport, généralement supervisées par un entraîneur.
  • Entraînement de force et de conditionnement : séances composées uniquement d'un entraînement de résistance et/ou de conditionnement. Dans de nombreux cas, les séances d'entraînement sont mixtes (spécifiques au sport, mais avec l'ajout d'une certaine force et d'un certain conditionnement ; par exemple, la pliométrie et l'endurance). D'un point de vue pragmatique, toute séance contenant un entraînement spécifique au sport doit être classée comme telle, même si la séance comprend un certain degré de force et de conditionnement, dans le seul but de rationaliser le suivi de l'exposition.
  • Autres séances d'entraînement : séances comprenant des activités autres que l'entraînement spécifique au sport ou la force et le conditionnement. Il s'agit de séances de récupération (par exemple, course à pied de faible intensité et étirements), de réadaptation et de transition post-réadaptation (après la reprise du sport mais avant de reprendre l'entraînement normal).
 
Les programmes d'entraînement varient considérablement d'un sport à l'autre, et de nombreux entraîneurs conçoivent intentionnellement des programmes d'entraînement qui intègrent un entraînement multidimensionnel (par exemple, pliométrie, entraînement spécifique au sport, course légère) dans une séance. En général, les investigateurs doivent donner la priorité à la saisie de données spécifiques sur les activités d'entraînement considérées comme présentant le plus grand risque pour la santé.

Les dispositifs de suivi de l'activité physique portables permettent aux enquêteurs de saisir un grand nombre de données sur les compétitions et les entraînements au niveau de l'élite et des participants aux sports communautaires dans de grands groupes d'échantillons. Nous encourageons l'utilisation de ces appareils pour le suivi de l'exposition. 
 
L'EXPRESSION DU RISQUE
 
Taux et proportions

Les taux et les proportions de blessures et de maladies dans les études sur les sports sont généralement présentés sous la forme d'un nombre de "cas" (le "numérateur") divisé par une population à risque de développer le résultat (le "dénominateur") (10).Parce que des questions de recherche telles que "Combien de joueurs ont subi une blessure au genou ? "Quel est le risque de se blesser dans ce sport ?" et "Comment le sport A se compare-t-il au sport B pour le risque de commotion cérébrale ? sont très différents, il existe différentes façons de signaler les risques liés aux blessures et aux maladies sportives. Nous expliquons ici quelques termes fondamentaux. 
 
Prévalence:
Combien ? La prévalence est une proportion et se réfère au nombre de cas existants divisé par la population totale à risque à un moment donné. Il s'agit d'un instantané à un moment donné, mais il peut être répété pour déterminer les changements de prévalence dans le temps (par exemple, chaque semaine). Grâce aux mesures en série, il est possible de rendre compte, par exemple, de la prévalence moyenne au cours de la saison et de comparer les différentes étapes de la saison. 
 
La prévalence périodique étend le concept de point unique dans le temps à une fenêtre de temps (par exemple, une saison, un an). Elle fait référence à la proportion d'athlètes qui ont déclaré la maladie qui les intéresse à un moment quelconque au cours de cette fenêtre donnée. Cela inclut notamment les personnes qui avaient déjà cette affection au début de la période d'étude ainsi que celles qui l'ont contractée pendant cette période. 
 
Incidence :
À quelle fréquence (de nouveaux cas se produisent-ils) ? L’incidence est un taux, et comme pour tout taux, le temps entre en jeuL'incidence fait référence au nombre de nouvelles blessures/maladies dans la population qui se développent pendant une période de temps définie. Le terme "taux d'incidence" est synonyme, mais nous soutenons qu'il s'agit d'une tautologie. 
Notez que la prévalence est calculée sur la base du nombre des athlètes ayant un problème de santé, tandis que l'incidence fait référence au nombre de nouveaux problèmes de santé.
 
 
Recommandations :

Exprimer le risque dans la surveillance des blessures/maladies sportives


Les mesures basées sur l'incidence représentent généralement des résultats plus appropriés pour les affections à déclenchement soudain et les mesures basées sur la prévalence pour les affections à déclenchement progressif.Les blessures dues à la surutilisation et les problèmes de douleur tels que les lombalgies et la tendinopathie rotulienne sont souvent chroniques, avec des périodes de rémission et d'exacerbation. Par exemple, dans une équipe de volley-ball professionnel, il pourrait n'y avoir qu'un seul nouveau cas de tendinopathie rotulienne (l'incidence sera donc faible), mais 40 % des joueurs (presque tous des joueurs préexistants) pourraient être atteints de tendinopathie rotulienne pendant la saison (prévalence de la période). Par conséquent, pour de telles conditions, la prévalence (la proportion d'athlètes touchés) est une mesure plus appropriée que l'incidence (le nombre de nouveaux cas au cours de la saison).
En général, les mesures basées sur l'incidence qui fournissent une fenêtre temporelle standard pour la population à risque (blessures par heure) sont préférables aux mesures pour lesquelles la période à risque varie d'un individu à l'autre (blessures par exposition sportive, c'est-à-dire par séance d'entraînement ou par match) parce que les mesures basées sur le temps facilitent davantage la comparaison entre les sports. 
Afin de fournir des chiffres faciles à interpréter, en évitant les petites décimales, ces données sont généralement rapportées par 1000 heures-joueurs. Ces chiffres permettent de comparer les risques. Si une blessure entraîne plusieurs blessures, celles-ci ne doivent être comptées que pour une seule lors du calcul de l'incidence globale des blessures. 
 
En raison des difficultés à mesurer avec précision l'exposition aux agents pathogènes (qui peut être plus importante en dehors des périodes d'entraînement ou de compétition), le risque de maladie doit être estimé sur la base de la période d'exposition totale, et non pas uniquement sur la base de l'exposition sportive. Nous recommandons de déclarer le risque de maladie soit comme l'incidence, le nombre de nouveaux cas divisé par une période de temps, soit comme la période précédant la maladie, la proportion d'athlètes qui ont été malades pendant une période définie. Lorsque les mesures de l'exposition basées sur le temps ne sont pas disponibles mais que le nombre de participants est disponible, on peut calculer les taux bruts de blessures par nombre de participants par période. Dans de tels cas, nous suggérons que l'incidence qui peut être la plus utile pour permettre des comparaisons au niveau de la population entre les sports ou les études est "les blessures / 365 jours-athlètes". 
De même, la proportion de participants souffrant de blessures ou de maladies nouvelles ou récurrentes (c'est-à-dire en excluant les cas et les exacerbations préexistants) pendant l'événement a été utilisée pour donner une impression du risque associé à la participation à chaque sport aux Jeux olympiques d'été et d'hiver. Toutefois, cette approche - la prévalence par période - peut suggérer des risques relatifs très différents d'activités qui diffèrent considérablement dans la quantité d'exposition que les participants subissent. Par exemple, l'exposition diffère considérablement entre un joueur de football et un sprinter. La prévalence en période décrit le risque absolu de la participation aux Jeux olympiques mais pas le risque relatif (le risque de blessure pendant une heure de football par rapport à une heure de marathon).
 
Les taux de blessures rapportés par événement fournissent des informations sur la probabilité qu'un aspect particulier du jeu (événement) entraîne une blessure. La compréhension des événements qui entraînent ou non des blessures aide les chercheurs à identifier les possibilités de prévention des blessures. En l'absence d'informations sur la fréquence de l'événement dans un sport et sur la durée moyenne du sport auquel les participants sont exposés, les taux par événement donnent également une vision incomplète de tous les risques que présente un sport. L'utilisation en parallèle de dénominateurs basés sur le temps et les événements (par exemple, les plaquages dans les codes de football) peut aider à déterminer à la fois quel événement (par exemple, le type de plaquage) est le plus fréquemment associé à des blessures et quel événement comporte le risque le plus élevé lorsqu'il se produit. 
Pour les sports télévisés et ceux qui utilisent de nouvelles technologies telles que les systèmes de suivi des activités, il est possible de mesurer la durée et l'intensité du jeu pour chaque athlète, et le codage du nombre, des caractéristiques et de la durée des activités auxquelles chaque participant se livre (par exemple, les plaquages) est une pratique courante pour certains sports professionnels (par exemple, le football). 
 
Communiquer le risque aux parties prenantes

D'un point de vue clinique et pratique, il est important que les utilisateurs finaux (les athlètes, les entraîneurs et le personnel médical) puissent comprendre les rapports de blessures et augmenter les chances qu'ils participent aux plans de gestion des risques. Cela peut se faire en exprimant l'incidence des blessures en fonction des spécificités du sport concerné. Par exemple, si l'incidence des blessures pour un groupe musculaire spécifique 
Exemple :les ischio-jambiers) est exprimée comme 0,9 blessure par 1000 heures d'exposition, l'incidence par joueur par saison (0,28 blessure/joueur/saison) pourrait être multipliée par le nombre moyen d'athlètes par équipe pour le sport concerné (par exemple, 25 au football)Cela donne 7 blessures aux ischio-jambiers par équipe et par saison, une quantité qui est plus facilement interprétée par les utilisateurs finaux
 
 
La disponibilité des joueurs est une autre mesure pertinente, facile à communiquer aux dirigeants, au personnel d'encadrement et aux athlètes, et qui est associée aux performances de l'équipe de football. La disponibilité des joueurs est calculée comme la somme des opportunités de matchs (c'est-à-dire le nombre de matchs multiplié par la taille totale de l'équipe) moins la somme des absences des joueurs pour cause de blessure ou de maladieet peut être exprimée en pourcentage moyen sur la période concernée(par exemple, une saison). La disponibilité des entrainements peut être calculée de la même manière. 
 
LA CHARGE DES PROBLÈMES DE SANTÉ :

La charge est une mesure collective de l'impact global d'un problème de santé dans une population donnée. En santé publique, la charge est souvent exprimée par le coût financier, la mortalitéou la morbidité. Une approche courante consiste à utiliser des mesures spécifiques telles que les années de vie ajustées sur la qualité ou les années de vie ajustées sur l'incapacité. La charge permet de combiner différents problèmes de santé ; exemple : la lombalgie ou le diabète représentent-ils une charge plus importante pour la société ?
 
La charge des blessures et des maladies peut également être exprimée à l'aide de mesures qui combinent leur fréquence et leurs conséquences. Par exemple, dans l'union du football et du rugby, la charge des blessures a été rapportée comme étant le nombre d'années de vie ajustées sur la qualité ou d'années de vie ajustées sur l'incapacité. Ceci contraste avec l'incidence (discutée plus haut), où le numérateur est le nombre de blessures plutôt que la conséquence de ces blessures – nombre de jours de perte de temps.
 
Comme les mesures de l'incidence et des conséquences varient en fonction de l'objectif et du cadre de la collecte de données, il n'existe pas de méthode unique de calcul de la charge dans le domaine du sport. Pour faciliter la comparaison entre les sports, les investigateurs devraient envisager de communiquer le nombre de jours de perte de temps par 365 jours-athlètes pour chaque résultat, en plus des mesures basées sur les expositions spécifiques au sport. 
 
La charge peut également être visualisée à l'aide d'une matrice des risques dans laquelle l'incidence de chaque problème de santé d'intérêt est représentée en fonction de ses conséquences(comme la perte de temps moyenne, comme l'illustre la figure 5). C'est un moyen efficace de communiquer la charge globale (et ses déterminants) pour une série de problèmes de santé. 
 
Les mesures de la charge qui utilisent la perte de temps comme mesure de la gravité ne tiennent pas compte des problèmes de santé les plus graves (c'est-à-dire les décès et les blessures et maladies catastrophiques non mortelles) et des autres cas où l'athlète ne reprend pas le sport. Comme indiqué précédemment, les mesures de la gravité fondées sur la perte de temps sous-représentent également les blessures et les maladies chroniques liées à la surutilisation. Dans ce cas, les scores de gravité moyens de l'OSTRC-H peuvent être utilisés à la place de la perte de temps, comme l'illustre la figure 6.

ETUDIER LES CARACTÉRISTIQUES DE LA POPULATION

Selon l'objectif de l'étude, les données démographiques et sanitaires peuvent être incluses dans les protocoles des enquêtes sur les blessures et les maladies. Les informations démographiques recueillies doivent au minimum inclure l'âge, le sexe, le niveau de com- pétition et le type de handicap/dépréciation dans le sport paralympique. Elles peuvent être complétées par des données sur d'autres caractéristiques pertinentes qui pourraient aider les investigateurs à évaluer les facteurs de risque.
Il est important de décrire les performances et le niveau d'entraînement de la population étudiée, à la fois parce qu'ils sont souvent étroitement liés aux résultats en matière de santé et pour permettre de comparer les études appropriées.
 
Classification des catégories de sport

Il existe de nombreuses façons de classer et de regrouper les sports. Tout système de classification des sports utilisé dans le cadre de la surveillance doit être clairement décrit dans la section des méthodes des rapports. Cette description doit permettre aux autres chercheurs de comprendre et de reproduire le processus par lequel les sports ont été regroupés. Le problème de recherche abordé doit façonner le système de classification utilisé et non l'inverse. 
 
LES MÉTHODES DE COLLECTE DE DONNÉES :

Les méthodes qui sous-tendent la collecte de données ont un grand impact sur les résultats des études de surveillance des blessures et maladies sportives. L'examen a conclu que la qualité des données pourrait être améliorée par l'établissement de normes de collecte de données. 
 
Étant donné la grande diversité des contextes dans lesquels la surveillance est effectuée, les méthodes de collecte de données devraient être suffisamment souples pour s'adapter au contexte spécifique et à la question de recherche et des objectifs spécifiques de l'étude :
  • Qui devrait fournir les informations (par exemple, l'athlète, le physiothérapeute, l'entraîneur, le volontaire non clinique)
  • Quelles sources de données doivent être utilisées (par exemple, l'auto-évaluation des athlètes, les dossiers médicaux, les examens, l'enregistrement vidéo)
  • La fréquence de la collecte et de la communication des données (par exemple, quotidienne, hebdomadaire, mensuelle)
  • Le moment et la période de collecte des données (par exemple, le jour de la blessure/maladie ou de la compétition/entraînement ou le jour suivant, dans la semaine)
  • La durée de la surveillance (par exemple, tournoi, saison, année entière, carrière de joueur)
 
En tenant compte de toutes ces variables, il est évident qu'il n'y a pas de "taille unique".14 En 2001, l'OMS 38 a publié des lignes directrices pour la surveillance des blessures qui restent pertinentes. En particulier, certains aspects généraux concernant la qualité des systèmes de collecte de données (objectivité, fiabilité, validité, praticabilité, risque de biais, coût/efficacité temporelle, acceptabilité), la qualité de la mise en œuvre (par exemple, document d'orientation, communication, conformité, vérification des données) et certaines questions méthodologiques (par exemple, traitement des valeurs manquantes, exhaustivité des rapports, couverture, taux de réponse) sont importants.
 
La fiabilité du système peut être améliorée par une éducation adaptée, un soutien continu aux personnes qui déclarent les données et un manuel de procédure détaillé et devrait être évaluée au moins par une analyse de la fiabilité des personnes qui déclarent les données. 
 
La validité et l'exhaustivité de la déclaration des données peuvent être analysées, en les comparant avec une autre source de données "de référence". Une étude récente a montré que le personnel chargé de la recherche et de l'enregistrement des données dans le cadre d'un programme de surveillance a déclaré un plus grand nombre de blessures légères que des non-chercheurs (13). Un exemple de mesures spécifiques visant à améliorer la fiabilité d'un projet de surveillance est illustré dans le tableau 11, basé sur la procédure du Professional Rugby Injury Surveillance Project.
Blessures et maladies du sportif : toutes les définitions par le consensus 2020 du CIO

Du papier-crayon aux solutions électroniques

Les problèmes de santé et l'exposition peuvent être saisis à l'aide de différentes méthodes allant de la copie papier des formulaires de collecte de données à un système de surveillance complet basé sur le web, par exemple des plateformes internet, des applications mobiles ou des messages textes. 
Les solutions basées sur le web permettent des interrogations instantanées et à distance de données en temps réel (y compris pour les utilisateurs finaux tels que le personnel médical de l'équipe) ainsi que l'intégration avec d'autres flux de données (par exemple, la performance, la charge, le sommeil). 
Les méthodes de collecte de données doivent être adaptées à la question de recherche spécifique, au contexte sportif et aux compétences de l'équipe de recherche et doivent respecter des normes de qualité strictes. La qualité du système de surveillance comprend la qualité des formulaires (base de référence, problèmes de santé et exposition) ainsi que la qualité de la procédure de collecte des données, de la mise en œuvre, du nettoyage des données et des méthodes d'analyse. La qualité et la facilité d'utilisation des formulaires et des procédures de collecte des données doivent être examinées avant la mise en œuvre. La fiabilité et la validité doivent être analysées et toutes les traductions doivent respecter les normes d'adaptation interculturelle. Le fait de disposer de formulaires de collecte de données et de documents connexes dans des formats librement accessibles facilite la participation des organismes sportifs aux activités de surveillance, et la présente déclaration de consensus comprend des modèles de formulaires, comme indiqué à l'annexe 2.
 
Éthique de la recherche et sécurité des données

L'éthique de la recherche régit la conduite de la recherche médicale et vise à protéger la dignité, les droits et le bien-être des participants. Il est important de noter que le consentement éclairé est le processus par lequel l'autorisation est accordée en pleine connaissance des conséquences possibles (risques et avantages), par exemple, pour l'utilisation de leurs données à des fins de recherche.  
La protection des données régit la manière dont les données sont collectées, partagées, utilisées et conservées et vise à garantir que les données personnelles sont à l'abri de toute utilisation imprévue, involontaire ou malveillante. Une attention particulière doit être accordée à la sécurité des données stockées sur les systèmes en cloud et autres dépôts électroniques. Les chercheurs doivent se conformer aux règlements sur la protection des données applicables à leur contexte (comme le règlement général sur la protection des données en Europe). 
 
Les lignes directrice en matière de rapports : surveillance des blessures et des maladies liées au sport 

Pour guider les chercheurs dans le domaine de la médecine du sport et de l'exercice, nous avons adapté (étendu) la liste de contrôle STROBE afin qu'elle reflète les recommandations de cette déclaration de consensus actuelle du CIO sur les études de surveillance des blessures et des maladies dans les sports. Cette extension se réfère à 21 des éléments originaux. Elle ne comprend que les points spécifiques à la déclaration des blessures et des maladies dans le sport, car les modifications visant à refléter les développements plus larges de la méthodologie épidémiologique devraient être mieux documentées par le réseau EQUATOR, qui supervise STROBE.

L'article
Strobe-siis IS. International Olympic Committee Consensus Statement Methods for Recording and Reporting of Epidemiological Data on Injury and Illness in Sports 2020 (Including the STROBE Extension for Sports. 2020;1–33. 
 




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