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Blood Flow Restriction (BFR)




L’exercice avec restriction de flux sanguin ou Blood Flow Restriction (BFR) est une méthode de renforcement musculaire inventée au Japon en 1966 par le Dr Yoshiaki Sato. Elle s’est ensuite exportée aux États Unis et plus récemment en Europe. Le BFR consiste à comprimer le membre (supérieur ou inférieur) du sportif pour réduire le débit sanguin lors d’un exercice de musculation.

1-Présentation théorique et description de la technique
 
  a. Champ d’application de la technique
 
Cette technique était à la base utilisée en entrainement et musculation. Elle commence aujourd’hui à s’introduire en médecine sportive et notamment en kinésithérapie du sport.

  b. Description pratique

Elle consiste à utiliser des manchettes ou des élastiques pour obstruer le système artério-veineux du membre. Des systèmes plus modernes existent aujourd’hui, permettant de mesurer le taux d’occlusion artériel à l’aide de capteurs, limitant ainsi le risque de pathologies associées.

  c. Effets escomptés par la technique

Il apparaitrait que l’état d’oxygénation du muscle serait réduit par l’occlusion artérielle provoquant une réponse hypertrophique. Habituellement l’entrainement hypertrophique s’effectue à 70% de la charge maximal (1 RM). Ce type d’entrainement créé des dommages musculaires, et il n’est donc pas possible de réaliser plusieurs séances comme celle-ci successivement. Il y a également de grosses contraintes articulaires. Avec le BFR, l’entrainement hypertrophique peut s’effectuer à 30% de 1RM, et ainsi limiter ces contraintes. Il permet également d’effectuer du renforcement hypertrophique plus rapidement en post-opératoire ou après une fracture par exemple, où des charges élevées ne peuvent pas être utilisées pour respecter les délais de cicatrisation.

2-Retour Scientifique sur la technique  
   a. Meta analyse de Slysz et coll. sur l’efficacité du Blood Flow Restriction (2015)
 
Le but de l’étude était d’évaluer l’effet combiné des exercices et du BFR sur la force et l’hypertrophie. Tout d’abord concernant la force, 400 patients issus de 19 études ont été inclus. Les exercices étaient séparés entre les exercices aérobies, et les exercices contre résistance. Concernant les exercices aérobies, le groupe BFR a eu une amélioration moyenne de 0,4Nm par rapport au groupe contrôle. Pour le travail contre résistance, l’amélioration moyenne est de 0,3 kg par rapport au groupe contrôle. La deuxième partie de l’étude incluait 377 patients issus de 19 études également. Ils ont mesuré l’augmentation de la taille musculaire. L’aire musculaire était augmentée de 0,4 cm² supplémentaire dans le groupe expérimental par rapport au groupe témoin.

  b. Meta analyse de Lixandrao et coll. qui compare l’entrainement avec charge lourde (HL – Heavy Load : supérieur à 65% de 1RM) à l’entrainement avec l’entrainement avec charge faible (LL – Low Load : inférieur à 50% de 1RM) associé au BFR (2018)  

Dans cette étude les moyennes des écarts types ont été comparés. Les résultats ont montré des effets modérés sur l’augmentation de la force musculaire dans le groupe HL par rapport au groupe LL-BFR, en tenant compte de la spécificité du test, de la pression d’occlusion absolue, de la largeur du brassard et de la prescription de pression d’occlusion (Hedges ‘g > 0,5). Concernant la réponse hypertrophique, il n’y a pas de différences entre les deux groupes, quelle que soit la pression d’occlusion absolue, la largeur du brassard, et la prescription de pression d’occlusion (Hedges ’g < 0,2)

  c. Meta analyse de Hughes et coll sur le BRF en rééducation musculo squelettique (2017)  

Dans cette méta analyse publié en 2017 dans le BJSM, Hughes et ses collaborateurs se sont intéressés à l’effet du BFR en rééducation. Ils ont inclus 20 études traitants du BFR, soit pour une rééducation de ligamentoplastie, d’arthrose de genou, des personnes âgés avec risque de sarcopénie ainsi qu’une étude traitant de la myosite à inclusion. L’intérêt de cette méta analyse est de voir l’effet du BFR sur ces populations présentant une faiblesse musculaire. Les autres études traitaient en effet d’une population saine. Huit études ont comparé l’entrainement à faible intensité (LL) avec et sans BFR, ils en ont conclu un effet modéré sur l’augmentation de la force musculaire (Hedges’g = 0,523). 5 études ont ensuite comparé l’entrainement à haute intensité (HL) sans BFR, avec l’entrainement à basse intensité et BFR (LL-BFR). Ils en ont conclu que l’entrainement HL a eu un effet modéré sur l’augmentation de la force par rapport à l’entrainement LL-BFR (Heges’g = 0,674).

3-Conclusion 
On peut conclure de ces 3 études que l’entrainement à basse intensité avec BFR est plus efficace que l’entrainement à basse intensité seul, il permet d’améliorer la force et l’hypertrophie. Il n’est cependant pas aussi efficace qu’un entrainement à haute intensité au niveau de la force. Ces constatations faites par les deux premières méta-analyses sur une population saine sont confirmés par la troisième sur une population pathologique avec faiblesse musculaire. L’intérêt n’est donc pas forcement de vouloir remplacer l’entrainement à haute intensité, mais de pouvoir utiliser le BFR lorsque l’entrainement à haute intensité est impossible ou compliqué (post opératoire, population âgée et vite fatiguée…). Mais il trouvera aussi son intérêt pour travailler la force ou l’hypertrophie chez un athlète en évitant de surcharger une articulation, un tendon ou en voulant limiter le phénomène de surentraînement qui nécessitera plusieurs mois au sportif avant de récupérer.

Bibliographie
[1] Slysz, J., Stultz, J., & Burr, J. F. The efficacy of blood flow restricted exercise: A systematic review & meta-analysis. Journal of Science and Medicine in Sport. (2015) doi:10.1016/j.jsams.2015.09.005 
[2] Lixandrão, M. E., Ugrinowitsch, C., Berton, R., Vechin, F. C., Conceição, M. S., Damas, F., Roschel, H. (2017). Magnitude of Muscle Strength and Mass Adaptations Between High-Load Resistance Training Versus Low-Load Resistance Training Associated with Blood-Flow Restriction: A Systematic Review and Meta-Analysis. Sports Medicine. (2018) doi:10.1007/s40279-017-0795-y 
[3] Hughes, L., Paton, B., Rosenblatt, B., Gissane, C., & Patterson, S. D. Blood flow restriction training in clinical musculoskeletal rehabilitation: a systematic review and meta-analysis. British Journal of Sports Medicine. (2017) doi:10.1136/bjsports-2016-097071



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