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Comparaison de thérapies par ultrasons de durées différentes dans le traitement d'un conflit sous-acromial



Comparaison de thérapies par ultrasons de durées différentes  dans le traitement d'un conflit sous-acromial
Par Aurélie Morichon.

 
Le conflit sous-acromial est du à un frottement anormal entre l'arche coraco-acromiale et les structures situées dans l'espace sous-acromial. Outre la douleur, d'autres symptômes peuvent être présents lors de ce conflit, comme la perte de fonction. Le traitement conservateur kinésithérapique combine plusieurs moyens tels que les mobilisations, l'électrothérapie ou encore la thermothérapie.
 
En parallèle de l'apparition de nouvelles technologies comme la TECAR thérapie ou le laser Needle, certaines études se penchent toujours sur des techniques plus connues et plus anciennes comme les ultrasons, malgré leur faible niveau de preuve.
Les auteurs de cet article ont proposé d'évaluer deux durées différentes d'ultrasons dans la prise en charge du conflit sous-acromial.
 
Dans cette étude, 100 patients diagnostiqués cliniquement et radiologiquement (IRM) pour un conflit-sous acromial ont été inclus. Les tests cliniques étaient : le signe de Neer, le test de Hawkins et Kennedy, le painful arc test, le drop arm test, le test de Yergason, l'empty can test (test de Jobe) et le test du supra-épineux. Les patients ont été randomisés dans deux groupes de 50. Les deux groupes ont reçu un traitement commun composé de TENS (30 minutes), d'infrarouge (20 minutes) et d'exercices kinésithérapiques (pendulaire, mobilisations passives et actives, étirement de la capsule postérieure, ...). 
15 sessions d'ultrasons en continu (à raison de 5 fois par semaine) ont été effectuées dans chaque groupe à l'aide d'un appareil de marque Chattanooga avec une tête de 5 cm² et à 1,5 W/cm² en réalisant des mouvements circulaires. 
Chaque session du groupe 1 durait 4 minutes, celle du groupe 2 durait 8 minutes.
Les patients ont été évalués avant traitement et 15 jours après la fin du traitement. La douleur a été recueillie à l'aide de l'EVA, l'activité fonctionnelle à l'aide des scores UCLA et Constant et la dépression à l'aide de l'Inventaire de Dépression de Beck (IDB).
 
Au départ, il n'y avait aucune différence significative entre les deux groupes concernant l'âge, la proportion des genres, la proportion des professions, l'EVA, les scores UCLA et Constant et l'IDB.
15 jours après le traitement, il n'y avait aucune différence statistiquement significative entre les deux groupes pour l'IDB et pour les items activité quotidienne, rotation latérale et force du score de Constant. Mais il y avait une différence statistiquement significative (p < 0,05) en faveur du groupe 2 pour :
- l'EVA (groupe 1 versus groupe 2) : 5,2 ± 1,26 vs 3,38 ± 1,46,
- le score de constant : 
- item douleur : 6,50 ± 2,31 vs 8,22 ± 2,37,
- item flexion : 7,32 ± 2,00 vs 8,80 ± 3,37,
- item abduction : 6,60 ± 1,62 vs 7,52 ± 1,54,
- item rotation médiale : 5,72 ± 2,27 vs 7,04 ± 2,53,
- score total : 59,38 ± 15,32 vs 66,80 ± 19,43,
- le score UCLA : 22,70 ± 6,09 vs 29,50 ± 14,85.
 
Au niveau statistique, de manière simplifiée, lorsque l'on veut réaliser une comparaison de moyenne entre deux échantillons, on réalise des tests statistiques appelés tests t (ou tests de Student). Dans le cas de plus de deux échantillons, on aurait réalisé une analyse de variance (ANOVA).
 
Les comparaisons de moyennes peuvent être within-group (au sein d'un même groupe) lorsqu'on compare un même groupe avant et après intervention par exemple. On parle dans ce cas d'échantillons appariés car il s'agit des mêmes individus vus deux fois.
Si on a à faire à deux groupes différents, on dit qu'on est en présence d'échantillons indépendants. Dans ce cas, on réalise des comparaisons between-group (entre les groupes). 
 
Selon si les comparaisons sont effectuées sur des échantillons appariés ou indépendants, les tests t sont quelque peu différents. Nous ne rentrerons pas dans les détails.
 
C'est ce qui a été appliqué dans cette étude : les auteurs ont réalisé une comparaison within-group (non rapportée ici) et une comparaison between-group détaillée ci-dessus, qui reste la plus pertinente pour répondre à la question posée.
 
 
Les résultats montrent donc que la thérapie par ultrasons est un traitement bénéfique dans le cas du traitement des conflits d'épaule.
 
Cette étude reste cependant limitée pour au moins trois raisons : 
- il manque un groupe contrôle permettant de connaître l'évolution spontanée de la maladie
- il manque un groupe placebo, qui permet comme son nom l'indique de mettre en évidence un éventuel effet placebo (par exemple, un groupe aurait pu bénéficier d'ultrasons sans que la machine ne soit branchée)
- les effets à long terme ne sont pas rapportés.
 
 
En résumé, efficacité des ultrasons ou non ? On se pose encore la question !
 
 
Yildirim MA, Ones K, Celik EC. Comparision of Ultrasound Therapy of Various Durations in the Treatment of Subacromial Impingement Syndrome. J. Phys. Ther. Sci. 2013; 25: 1151-4.
 

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