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Comparaison des amplitudes de rotation interne et rotation externe passive de l’épaule, de la force des muscles responsables de la rotation de l’épaule et de la vitesse de service entre des tennismen ayant des antécédents de blessures dans l’année pr

V. Moreno Perez et Al.



Comparaison des amplitudes de rotation interne et rotation externe passive de l’épaule, de la force des muscles responsables de la rotation de l’épaule et de la vitesse de service entre des tennismen ayant des antécédents de blessures dans l’année pr
Etude comparative de l’amplitude passive de rotation de l’épaule, de la force rotatoire isométrique et de la vitesse de service entre les tennismen de haut niveau avec et sans antécédents de douleur d’épaule

Introduction
Les tennis de haut niveau est un sport traumatisant pour l’épaule dans la mesure où il requiert de multiples répétitions de mouvements nécessitant force et grandes amplitudes. L’articulation est très souvent touchée par des blessures d’overuse. De nombreuses adaptations anatomiques et mécaniques sont associées à l’augmentation du risque de blessures d’épaule chez le tennisman : asymétrie de l’amplitude de rotation dans l’épaule dominante et déséquilibre musculaire au niveau de l’épaule (Rotation interne/rotation externe). De nombreuses études ont montré que la réponse adaptative à la pratique du tennis entraine une plus grande amplitude de RE, une plus faible amplitude de RI et un arc rotatoire total (TAM) réduit du coté dominant en comparaison à l’épaule non dominante. Un déficit de rotation interne de GH par rapport au controlatéral est considéré comme un facteur de risque de blessure dans la mesure où il peut mener à une instabilité d’épaule résultant en conflit sub-acromiale et en lésions labrales.
En plus de l’amplitude, la force des muscles de la coiffe des rotateurs est essentielle à la stabilisation active de l’articulation. De nombreuses études ont montré une force de RI et un ratio RE/RI plus bas dans l’épaule dominante des tennismen asymptomatiques.
Les forces de RE et de RI des muscles de l’épaule ont également été mis en relation avec la performance au tennis. Il a été suggéré qu’un le développement efficace de la force sur le service entraine une vitesse importante au niveau de la balle, pouvant cependant augmenter le risque de blessure d’overuse.
 
Objectif
Le but de cette étude est d’évaluer l’amplitude passive bilatérale de l’épaule, la force isométrique de rotation, le ratio de force isométrique RI/RE, et la vitesse de service du tennisman de haut niveau avec (PH) et sans (NPH) antécédents de douleur d’épaule et d’ensuite comparer ces variables entre membre supérieur dominant de non-dominant et sujet PH et NPH.
 
Méthodes
Les auteurs ont recruté 58 participants dans 10 différentes académies de tennis de haut niveau. Tous les participants pratiquaient environ 17h d’entrainement par semaine. Cinquante-sept étaient droitiers alors qu’un seul tennisman était gaucher, 55 joueurs utilisaient les deux mains pour réaliser le revers. Les joueurs ont été divisé en 2 groupes : NPH incluant 38 participants et PH incluant 20 participants avec antécédents de douleur d’épaule les ayant écarté des terrains ou de l’entrainement durant les 12 mois précédents l’étude mais n’ayant pas eu de douleur durant les deux derniers mois.
Les participants ont dû remplir un questionnaire correspondant à leurs caractéristiques tels que leur âge, leur latéralité, le nombre d’années de pratique du tennis, le nombre d’heure de tennis pratiquées, les caractéristiques de la blessure rapportée s’il y en a, ainsi qu’une échelle EVA. Les amplitudes passives de RE et de RI furent évaluée avec un inclinomètre manuel du côté dominant et du côté non dominant en décubitus dorsal avec la gléno-humérale positionnée à 90° d’abduction, le coude fléchit à 90°. Ces évaluations ont été répétées 3 fois. Les mesures de la force ont été réalisées à l’aide d’un dynamomètre dans la même position. L’évaluation consistait à demander au patient de réaliser 3 répétitions de 5s de RE et de RI active. Le ratio a ensuite été calculé. La vitesse de service a été mesurée à l’aide d’un pistolet radar. Chaque joueur a réalisé 10 services avec 30 secondes de récupération entre chaque. Pour être validés, les services devaient arriver dans le carré de service.
 

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Résultats 
Tableau 1 :
  • 38 participants (65%) n’avaient pas subis de blessures au niveau de l’épaules durant la saison et les 20 restant (34,4%) ont subi 20 tendinopathies (3 biceps brachial et 17 sus-épineux).
  • En ce qui concerne la sévérité des blessures :
    • 1 était une blessure minime (4 à 7 jours)
    • 10 étaient modérées (8 à 28 jours)
    • 9 étaient sévères (plus que 28 jours)
  • De façon plus spécifique, 16 blessures ont eu lieu pendant un match et 4 pendant l’entrainement.
Il n’y avait pas de différence entre les groupes en ce qui concerne les caractéristiques, le nombres d’année de pratique et les heures d’entrainement hebdomadaire.

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Le tableau 2 rapporte les mesures d’amplitude et de force isométrique, ainsi que la vitesse de service, incluant les comparaisons entre membre dominant et non dominant au sein d’un même sujet et les comparaisons entre les différents sujets.
Concernant la comparaison au sein des sujets eux même, les patients PH et NPH présentaient des valeurs relativement basses de RI et d’arc rotatoire mais une valeur élevée de RE. De plus, les patients PH et NPH ont montré des ratio RE/RI de force isométrique plus bas et une force isométrique de RI plus importante dans le bras dominant que dans le bras non dominant. Le groupe NPH a également montré une force isométrique de RE plus importante du côté dominant que du côté non dominant. Le groupe PH a montré une RE et un ratio de force isométrique RE/RI plus bas du côté dominant (côté blessé) que ceux retrouvé du côté dominant des patients NPH. La comparaison de la vitesse de service entre les groupes n’a montré aucune différence.
 

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Discussion
La présente étude rapporte une différence significative d’amplitude et de force isométrique entre le côté dominant et le côté non dominant des tennismen de haut niveau. Les résultats ont montré une diminution de l’amplitude de RI et de l’arc rotatoire, ainsi qu’une augmentation de la RE du côté dominant par rapport à l’autre côté. La force isométrique de RE et le ratio de force isométrique RE/RI était significativement plus bas dans l’épaule dominante des patients PH en comparaison aux patients NPH.
Ces asymétries d’amplitudes rotatoires chez le tennisman sont considérées comme étant des adaptations spécifiques. Cette étude, comme d’autres précédemment réalisées ne met pas en évidence des différences significatives entre les patients PH et les patients NPH alors que d’autres études le montrent. Ces disparités de résultats pourraient venir des différences dans les protocoles d’évaluation et également du fait que les patients PH n’étaient pas blessés au moment de l’étude. De ce fait, un participant présentant des douleurs d’épaule pourrait se retrouver avec une amplitude articulaire modifiée. De plus, les différences de résultats pourraient également venir du fait que les patients évalués dans de précédentes études étaient âgés de 19 à 33 ans alors que ceux de cette étude ont 20,7 plus ou moins 4,9 ans.
En ce qui concerne la force des muscles rotatoires, de précédentes études réalisées sur des tennismen et d’autres athlètes ont montré des résultats significatifs concernant une force isométrique de RI augmentée et un ratio de force isométrique RE/RI diminué du côté dominant par rapport à l’autre côté.
L’augmentation de la force de RI est probablement due à la forte demande imposée au muscle durant les coups, notamment durant le coup droit et le service qui correspondent à environ 80% du nombre total de coup.
De plus, la répétition de la demande sur la force de RI du côté dominant pourrait augmenter le stress sur la partie postérieure de la coiffe des rotateurs et des stabilisateurs de la scapula et pourrait développer un déséquilibre entre RE et RI.
De plus, les patients PH ont une force de RE et un ratio RE/RI diminué du côté dominant par rapport au côté dominant des patients NPH. Cela suggère qu’une faiblesse de la force des muscles réalisant la rotation externe est associée à un déséquilibre entre la force de RI du coup et du service et la force de RE responsable de la décélération et de la stabilisation de l’articulation. A partir de ces résultats, on peut considérer que les joueurs ayant subi une blessure dans l’année précédant l’étude devraient continuer à présenter un déficit de force après la guérison. De ce fait, un renforcement musculaire préventif des muscles responsables de la RE est recommandé et devrait faire partie intégrante de la préparation physique du tennisman.
 
Conclusion
Les résultats de la présente étude ont montré une force isométrique de RE et un ratio de force isométrique RE/RI significativement plus bas du côté dominant chez les tennismen présentant des antécédents de blessures. Quoiqu’il en soi, l’épaule dominante des deux groupes présentait des amplitudes adaptées avec une diminution de l’amplitude de RI et de l’arc rotatoire, ainsi qu’une amplitude de RE augmentée. De plus, le membre supérieur dominant a montré une force isométrique en RI plus importante et un ratio de force isométrique RE/RI plus bas dans le groupe ayant des antécédents de blessure. Comprendre les adaptations spécifiques au tennis devrait mener les tennismen, les coachs, les préparateurs physiques et les cliniciens à réaliser et à utiliser un protocole d’exercices optimal permettant la prévention et la prise en charge des blessures.
 
Article original
A comparative study of passive shoulder rotation range of motion, isometric rotation strength and serve speed between elite tennis players with and without history of shoulder pain, V. Moreno perez et Al. IJSPT, February 2018, DOI: 10.26603/ijspt20180039

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