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Congrès Return to Play - Londres 2016



Chaque année, le groupe Isokinetic permet aux spécialistes évoluant dans le football (médecin, chirurgien, kinés, préparateur-physique, nutritionniste) de se retrouver pour échanger sur les avancées dans le domaine de la médecine/réhabilitation du footballeur. Cette année, le thème était le Return To Play. Thème relativement vaste, mais qui à toute son importance pour les acteurs qui entourent le sportif, tant la prise de décision de donner l’aval de retour au sport est délicate. Préciser, objectiver, reproduire, les processus qui amènent au RTP, autant de termes qui furent mis en relief dans chaque spécialité, avec un point d’orgue commun : retour au sport dans les meilleurs conditions en limitant le risque de récidive.
Durant les pages qui vont suivre, nous souhaitons vous faire partager, les interventions qui nous ont semblé importante, et qui permettront nous l’espérons de donner du liant à nos futurs PEC en réhabilitation du sportif.
 
- Critères scientifiques
D’après R.Bahr, si l’on respecte à la lettre tous les critères de RTP, le délai serait toujours trop long. Ses critères avant RTP sont les suivants :
  • Amplitude articulaire normale sans douleur
  • Retour de la force musculaire
  • Pas de gonflement
  • Retour complet des spécificités de son sport
  • Respect du processus cicatriciel physiologique
  • Confiance
 
 Le joueur doit également savoir faire face aux pressions externes, de ses coéquipiers, entraineurs, famille, médias et agents. 
 
Comparaison entre médecine et sport :

La médecine doit toujours mettre en valeur le coté santé, bien-être et prévention des pathologies diverses, tandis que le sport représente quant à lui, à la compétitivité, élitisme, victoire et performance. Face à ce paradoxe, le staff médical doit trouver le bon équilibre, tout en préservant la santé de l’athlète, en toute transparence.
 
- Implications du chirurgien dans le RTP de l’athlète de haut niveau
Williams R. souligne le fait que la prise de décision de RTP est toujours liée à la pression. Il est primordial de comprendre l’environnement dans lequel l’athlète évolue, et prendre le moins de risque possible, afin d’éviter la mise en danger de l’athlète. La clé du RTP réside dans l’esprit d’équipe, raisonner en tant qu’équipe pluridisciplinaire.
Selon lui, après la chirurgie un temps estimé de RTP doit-être posé. Son approche personnelle, qui lui permettra au final de donner le feu vert de RTP, doit suivre le procédé suivant :
  1. Approche basée sur les « feux verts » cliniques : le sportif doit passer chaque étape de manière appropriée durant la réhabilitation.
  2. Capacité aérobie : l’athlète doit-être en forme et non fatigué, ce qui pourrai être néfaste à son contrôle neuromusculaire par la suite.
  3. Pas de gonflement.
  4. Le sportif doit avoir confiance.
  5. Symétrie : le facteur le plus important selon lui. La fonction musculaire du côté de la jambe opérée doit-être normal voir meilleure. Le ratio au test isocinétique doit-être de moins de 10% (pire des scénarios).
 
CHIRURGIEN + STAFF MEDICAL DU CLUB + JOUEUR
 
- Rôle de l’examen clinique 

La recherche et la science doivent soutenir le bilan clinique et non pas le remplacer. Le bilan clinique est trop souvent sous-estimé par rapport aux avancées technologiques, c’est pour cela qu’une renaissance de l’examen clinique devrait être nécessaire et en rapport avec l’évolution technologique. Les risques stratégiques de la prise en charge doivent être définis au préalable, communiqués et répertoriés. Ne soyons pas des esclaves de la science, tout en la respectant, croyez en votre propre instinct !
Une question se pose donc : Sommes-nous intéressés par l’IRM ou par ce que le patient nous dit lors de notre bilan ?
« Les experts possèdent trop souvent des données plutôt qu’un jugement personnel » - COLIN POWELL
 
- Bataille historique : Critères vs temps
L’intervention de Snyder-Mackler L. sur la décision de retour au sport, et la bataille historique entre la notion de critère et celle de temps, fut particulièrement intéressante en préambule de ce congrès.
Pour débuter, elle nous explique qu’il serait effectivement sage d’utiliser les deux (critères + temps) en concomitance, mais de façon raisonnée.
Elle conseille d’attendre la cicatrisation totale des tissus, et de prendre en compte différents paramètres : âge, expérience, talent, importance de la compétition, temps d’inactivité, notion de récidive, et surtout l’état psychologique du joueur, en évaluant régulièrement de manière objective à l’aide de questionnaires.
Comme elle l’exprime bien, le succès d’une chirurgie est le résultat de la course entre la cicatrisation biologique et les éventuels échecs liés à la fixation. Les différences de cicatrisations liées aux qualités du tissu (tissus mous, os, cartilage) et au potentiel intrinsèque de cicatrisation de ce dernier, vont déterminer le temps et l’ampleur de la charge de stress, qui pourra lui être appliqué tout au long de la réhabilitation.
Il sera donc nécessaire d’ajuster les protocoles de réhabilitation pour protéger le site de la chirurgie, pour favoriser une cicatrisation optimale.
La notion de Return To Play ne doit-être effective seulement lorsque la cicatrisation tissulaire est totale. La progression dans le RTP, ne sera réalisé que lorsque l’athlète à au préalable passer les étapes importantes du processus de réhabilitation, selon les critères définis au départ.
La progression basique de RTP pour les membres inférieurs est la suivante :
  • Mouvement linéaire dans un seul plan.
  • Mouvements latéraux.
  • Changements de direction à différents angles.
  • Agilité spécifique au sport.
  • Pratique en miroir.
  • Retour à l’entrainement.
  • Retour à la compétition.
En amont de ce continuum commun de RTP lors de blessures du membre inférieur, il faudra faire intégrer à l’athlète des mouvements complexes à vitesse lente, dans un environnement contrôlé, avant le retour au sport. L’intensité et la difficulté doivent servir de facteurs modifiables, tout au long de la progression. L’athlète doit-être capable de réaliser chaque étape de la progression à 100% d’intensité avant de passer au niveau supérieur.
La notion psychologique, même si elle est de moins en moins mise de côté, demeure toujours complexe à appréhender. Il est donc conseillé d’avoir recours à des questionnaires validés, qui permettent d’évaluer cette entité de manière objective.
La dernière étape enfin, est en lien avec le développement d’une stratégie de prévention secondaire. Rappelons que le facteur de risque le plus important de blessure, est une blessure précédente. L’athlète doit donc avoir un plan strict et bien mené, pour minimiser le risque de récidive.
 
- Rôle du médecin de l’équipe : J. DVORAK
Comme lors de chaque congrès du groupe Isokinetic, le président de la F-MARC (J. Dvorak) intervient sur un sujet relativement global, qui touche le football amateur et professionnel. Une nouvelle fois, même si l’accent fut moins prononcé que les années précédentes, ce dernier nous a rappelé les objectifs et intérêt de la mise en place du FIFA 11+ dans les stratégies préventives des blessures en football.
Par la suite, son discours s’est orienté sur le rôle du médecin de l’équipe. Ce dernier rappel pour débuter, que la première chose que chaque médecin doit avoir à l’esprit quel que soit son type de pratique, est le serment d’Hippocrate qu’il a prêté avant d’exercer. Le médecin de l’équipe doit donc toujours agir pour la santé du joueur. Son premier objectif est donc de maintenir la santé de ce dernier. La prévention des blessures et la mise en place d’un management approprié sur la ligne de touche demeure aussi les prérogatives du médecin.
J.Dvorak insiste bien sur le fait qu’il revient au médecin la décision de décider du retour au terrain du joueur, comme il lui incombe la responsabilité de déterminer le nombre de jours d’arrêts d’entrainement et/ou d’absence aux matchs en cas de blessure.
Le médecin doit savoir gérer la pression du joueur, du coach, et du manager qui souhaitent bien souvent un retour rapide à la compétition.
Ce dernier conclue en disant qu’il existe 2 situations à risque, où le médecin doit absolument se soustraire aux contraintes des règles et/ou opinion du coach et de l’arbitre, pour agir de la manière la plus rapide possible, ces situations sont les suivantes :
  • Arrêt cardiaque soudain.
  • Blessure à la tête avec suspicion de commotion.
 
ESPRIT D’EQUIPE : team spirit !




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