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EFFETS DE FACTEURS EXTRINSEQUES SUR LES BLESSURES AU FOOTBALL AMERICAIN



1. INTRODUCTION
Le football américain est une activité à haut risque de blessures en raison de la taille, de la vitesse, de la force des joueurs et des nombreux impacts [2].
Même si les joueurs sont tenus de porter des protections (épaules, cuisses, face), les blessures sont inévitables, se produisant avec ou sans contact [3]. 
 
Le football américain a le taux de blessures aux membres inférieurs le plus élevé en comparaison aux autres sports collectifs, ces blessures devenant plus fréquentes à mesure de l’évolution du niveau de compétition [4]. 
Les blessures sont le résultat d’une interaction complexe entre facteurs de risques intrinsèques tels que l’âge, les antécédents, les déséquilibres musculaires… et facteurs extrinsèques tels que l’état du terrain, l’interaction entre surface de jeu et chaussure, les conditions météorologiques et l’équipement.
Les blessures peuvent survenir sur des situations sans contact de courses, de sauts, de rotations. Les forces de translation et de rotation que les membres inférieurs endurent sont alors affectées par la traction appliquée sur l’interface surface-chaussure [2,5].
Il semble raisonnable de penser que le type de terrain (artificiel ou naturel), son état et le type de chaussures vont influencer le risque de blessures. 
Il est important d’avoir connaissance de ces données dans la programmation athlétique des joueurs, afin que les surfaces à risques soient évitées et que les joueurs se chaussent au mieux en fonction des conditions météorologiques. Néanmoins, parmi les nombreuses études publiées ces dernières années, peu d’études se sont intéressés à ces facteurs extrinsèques et les quelques études existantes ont donné des résultats contradictoires [2,6].
 
2. OBJECTIFS
L’étude présentée aujourd’hui, publiée en juin 2013 dans le British Journal of Sports Medicine, s’intéresse à l’épidémiologie des blessures de joueurs universitaires de football américains en fonction du type et de l’état de terrain et du type de chaussure [1].
 
3. METHODES
Les données de 188 joueurs (de 2007 à 2010) d’une équipe universitaire de première division ont été analysées de façon rétrospective. Les variables retenues ont été les suivantes :  
- Blessures touchant les membres inférieurs : Ayant lieu durant la période d’étude, nécessitant des soins et entraînant une restriction de l’activité pour un jour ou plus. 
- Type de surface : Synthétique ou gazon
- Etat de la surface : Normal ou anormal (température supérieure à 82°F, humidité, traces d’eau visibles sur plus de 50% de la surface)
- Type de chaussure : Nombre de crampons, hauteur de la partie supérieure de la chaussure près de la cheville
- Type d’activités pratiquées : Entraînements ou matchs
 
4. RESULTATS 
- Nombre et taux de blessures des membres inférieurs
Un total de 130 blessures des membres inférieurs a été recensé : 39,2% durant les matchs et 60,8% à l’entraînement. Le risque de blessures en match est significativement plus élevé en match qu’à l’entraînement. 
 
- Chaussures et état du terrain
Le taux de blessures était 2,61 fois plus élevé lorsque l’état du terrain est jugé anormal, particulièrement vrai à l’entraînement.
Durant les matchs, le risque de blessures des membres inférieurs est 3,34 fois plus élevé sur terrain synthétique que sur gazon naturel. 
Les blessures ont tendance à être plus élevés lors de la pratique sur terrain synthétique bien qu’il n’y ait pas de différence statistiquement significative. 
Le nombre de crampons et la hauteur des chaussures n’ont pas été associés à une majoration du risque de blessures (aucune différence significative observée). 


5. CONCLUSION
Cette étude nous montre que le risque de blessures aux membres inférieurs est plus élevé lorsque les conditions de jeu sont anormales, surtout lors des sessions d’entraînements. De même, les joueurs sont susceptibles d’avoir plus de blessures lors d’une pratique sur terrain synthétique. 
Ces résultats suggèrent que certains ajustements sont nécessaires dans les pratiques et la formation afin de préserver au mieux l’intégrité physique des joueurs.
Les auteurs relèvent que bien que l’entretien du gazon présente un coût supérieur à l’entretien d’un terrain synthétique, les économies à long terme pourraient être plus importantes par la réduction du taux des blessures et donc des frais médicaux occasionnés. 
Texte écrit par Erwann Le Corre

 
BIBLIOGRAPHIE
[1] Lacovelli JN, et al. The effect of field condition and shoe type on lower extremity injuries in American Football. Br J Sports Med June 2013;47:789–793.
[2] Hagel BE, Fick GH, Meeuwisse WH. Injury risk in men’s Canada West University football. Am J Epidemiol 2003;157:825–33.
[3] Dvorak J, Junge A. Football injuries and physical symptoms: a review of literature.Am J Sports Med 2000;38:S3–9.
 [4] Fernandez WG, Yard EE, Comstock RD. Epidemiology of lower extremity injuries among U.S. high school athletes. Acad Emerg Med 2007;14:641–5.
[5] Kaila R. Influence of modern studded and bladed soccer boots and sidestep cutting on knee loading during match play conditions. Am J Sports Med 2007;35:1528–36.
[6] Dragoo JL, Braun HJ, Harris AHS. The effect of playing surface on the incidence of ACL injuries in National Collegiate Athletic Association American Football. Knee 2013;20:191–5.
 
 






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