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Évaluation de la prévalence d’un os trigone et des lésions ostéochondrales du Talus, par IRM de la cheville chez des patients présentant un syndrome de conflit de cheville.



Introduction

Le syndrome de conflit antérieur (AAIS) ou postérieur (PAIS) de cheville peut fréquemment causer des douleurs au niveau de la cheville. L’AAIS se caractérise par une douleur dans la région antérieure lors de la dorsiflexion. Il y a un conflit dû à un os anormal ou aux tissus mous, dans la région antérieure de l’articulation talo crurale en dorsiflexion. Il en va de même pour le PAIS, avec un conflit dans la région rétro calcanéenne lors de la flexion plantaire. Dans le cadre du PAIS, l’origine du conflit causant la pathologie peut être la conséquence de variation anatomique, la plus importante étant la présence d’un os trigone.
 
L’os trigone est un os sur numéraire séparé, en arrière du processus postéro latéral de la queue bifide du talus. Sa présence peut être dû à un défaut de fusion du noyau d’ossification secondaire du talus, observé entre 8 et 13 ans. Il a été défini pour la première fois par Rosenmuller en 1804 comme un osselet accessoire. McDougall a été le premier à annoncer son lien avec la douleur postérieure de la cheville en 1955. Dans les études de dissection anatomique et de radiographie précédemment menées, la prévalence de l'os trigone était de 1,7% à 12,7%. Dans une étude réalisée en 2017 par Zwiers et al avec des images tomographiques calculées, la prévalence de l'os trigone était de 32,5%. La prévalence de l'os trigone était de 30,3% chez les patients ne présentant pas de plaintes de conflit postérieur et de 46,4% chez les patients ayant des plaintes de conflit postérieur.
 
Les lésions ostéochondrales du talus (OCLT) ont été définies pour la première fois par Kappis en 1922. L'incidence des OCLT est de 0,09%. L'étiologie de la OCLT n'est pas complètement connue. Les traumatismes aigus et les microtraumatismes récurrents en seraient la cause avec une prévalence de 50% et de 73%. Les lésions situées latéralement sont associées à un traumatisme à un taux de 98%. Elles sont plus fréquentes chez les jeunes hommes. Bien que l’OCLT soit généralement asymptomatique, elle présente généralement une douleur peu spécifique de la partie antérieure de la cheville, augmentant avec l’activité.

Objectif
 
Les syndromes de conflit de la cheville sont des problèmes que nous rencontrons fréquemment dans les cliniques de soins ambulatoires orthopédiques. À la connaissance des auteurs, aucune étude dans la littérature scientifique n'a permis de déterminer la prévalence de l'os trigone et de la OCLT dans des groupes spécifiques formés en évaluant ensemble les patients atteints d'AAIS et de PAIS. L'objectif de l’étude était de déterminer la prévalence d'un os trigone et de la OCLT asymptomatique ou peu symptomatique chez les patients diagnostiqués avec AAIS et / ou PAIS à travers un examen clinique et une IRM, et d'évaluer la différence entre les groupes. L’hypothèse est que le risque posé par un os trigone dans le cadre d’un PAIS peut-être évalué avec plus de précision par rapport à AAIS.

Méthode
 
Les patients ayant été cliniquement considérés avec un diagnostic de conflit de cheville, et ayant des IRM de cheville dans 2 centre entre Janvier 2014 et Juillet 2017, et remplissant les critères d’inclusion, ont été inclus dans l’étude.
 
Critère d’inclusion :
 
Évaluation de la prévalence d’un os trigone et des lésions ostéochondrales du Talus, par IRM de la cheville chez des patients présentant un syndrome de conflit de cheville.

En tout, 333 patients ont été inclus dans l’étude. Après examen clinique et examen des imageries, en aveugle, dans 2 structures hospitalières différentes, par les auteurs, les patients ont été séparés dans différents groupes, accordement avec les symptômes de leur conflit de cheville (Tableau 3). Les groupes ont alors été évalués pour déceler la présence d’un os trigone ou d’une OCLT.
Évaluation de la prévalence d’un os trigone et des lésions ostéochondrales du Talus, par IRM de la cheville chez des patients présentant un syndrome de conflit de cheville.

Résultats
 
Dans cette étude, 21,6% des patients présentent un os trigone, 34,8% ont une OCLT. Pour les conflits de cheville, 78,1% des patients présentent un AAIS, et 29,1% un PAIS.
 
La prévalence de l'os trigone était de 1,3% chez les patients avec PAIS (-) AAIS (+), 7,7% chez les patients avec PAIS (-) AAIS (-), 63,3% chez les patients avec PAIS (+) AAIS (-) et 81,1% chez les patients avec PAIS (+) AAIS (+) (p <0,001).
 
La prévalence des OCLT s’est établie à 41,3% chez les patients atteints de PAIS (-) AAIS (+), 23,1% chez les patients atteints de AAIS (-) PAIS (-), de 18,3% chez les patients atteints de PAIS (+) AAIS (-), et 27% chez les patients avec PAIS (+) AAIS (+) (p = 0,005).
 
Cette étude a montré que, chez les patients atteints de PAIS et AAIS isolés combinés à un PAIS, la prévalence de l'os trigone était de 63,3% et 81,1%, respectivement, ce qui est plus fréquent que précédemment rapporté. Pour les patients avec AAIS et PAIS isolés, la prévalence des OCLT était de 41,3% et 18,3%, respectivement. Parmi les OCLT associés aux syndromes de conflit de cheville, 87,1% étaient situés en position médiane.

Limites
 
Cette étude présentait certaines limites car il s’agissait d’une étude comparative rétrospective. Une étude prospective incluant également l’évaluation de la taille et du type de os trigone, de la taille de l’OCLT, du niveau d’activité des patients, de la durée et de la sévérité des symptômes cliniques, ainsi que de l’autre cheville, qui n’a pas été évaluée dans cette étude, aiderait à mieux comprendre l’importance clinique des différences entre les groupes. En raison du nombre limité de patients dans le groupe avec AAIS (-) PAIS (-), il n’a pas été possible de randomiser les patients en fonction de leur âge. Le groupe d'âge avec un plus grand nombre de patients fournira une évaluation plus précise des patients à différents niveaux d'activité.
 
Article original :   Mustafa Özer, Ahmet Yıldırım. Evaluation of the Prevalence of Os Trigonum and Talus Osteochondral Lesions in Ankle Magnetic Resonance Imaging of Patients With Ankle Impingement Syndrome. The Journal of Foot & Ankle Surgery 000 (2018) 1−5.

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