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Focus sur les PRP ou Platelet Rich Plasma ou Plasma Riche en Plaquettes

Article réalisé par Erwan TANGUY



Focus sur les PRP ou Platelet Rich Plasma ou Plasma Riche en Plaquettes

            Vous entendez de plus en plus parler de ce procédé à visée thérapeutique. Mais qu’en savez-vous vraiment et quelles sont les dernières données à notre disposition ? D’aucuns le présentent comme le produit miracle alors que d’autres mettent en avant le peu d’études concluantes. Kinesport revient pour vous sur ces fameuses PRP et fait le tri.
 
            PRP, qu’est ce que c’est ?
            C’est donc un concentré plaquettaire, 5 fois supérieur à la normale, obtenu à partir de sang autologue. En d’autres termes, à partir du propre sang du patient, on va extraire le plasma, c'est-à-dire le liquide qui sert de transport aux éléments sanguins, par une centrifugation qui ne préservera en place dans le plasma que les plaquettes (autre élément du sang responsable de la coagulation).
Ces plaquettes libèrent une douzaine de puissantes protéines contenues dans les granules alpha des plaquettes, relâchées lors de l’activation de ces dernières, et responsables de la cicatrisation tissulaire.
Par ailleurs, le PRP peut accélérer le processus de cicatrisation en raison de sa composition en facteurs de croissance tels que le platelet-derived growth factor (PDGF), l’insulin-like growth factor (IGF) ou le transforming growth factor beta (TGFbêta), etc.. Ces fateurs ont pour effets, entre autres, l’activité collagénase, la stimulation et la synthèse de collagène, la prolifération des fibroblastes.
Un autre facteur de croissance libéré lors de la dégranulation des plaquettes, est le TGF-alpha. Ce dernier stimule notamment la croissance cellulaire mésenchymale. Ce point est important car les PRP ne peuvent avoir d’effet –toujours selon les auteurs- que sur des cellules déjà présentes. Or, dans l’utilisation à des fins ostéochondrales, on comprend bien que si la lésion est majeure et qu’il ne reste plus de cellules ostéogènes, les PRP ne pourront « booster » quoi que ce soit. Il conviendra donc de les adjoindre à l’injection de Cellules Souches Mésenchymales (MSC, Mesenchymal Stem Cells) qui elles ont fourniront la matrice réparatrice cartilagineuse et sub-chondrale qui pourra être amplifiée par les PRP. Nous reviendrons dans une autre speed meeting sur ces fameuses cellules souches.
Le PRP étant liquide, il va être transformé en gel en le mélangeant à de la thrombine (qui est le principal facteur de la coagulation) et du Chlorure de calcium. Cet aspect gel va permettre de mieux fixer les éléments cicatrisants lors de l’application sur le site lésionnel.
 
Les indications annoncées :
  • lésions ostéoligamentaires ou tendineuses.
  • arthrose.
 
Le mode opératoire :
L’injection sera intra-articulaire dans les cas d’arthrose (hanche, genou), directement
sur la zone lésée pour les autres  voire sous contrôle échographique si lésion profonde.
 
            L’historique :
            Les premières utilisations des PRP remontent aux années 70 et étaient destinées à la chirurgie maxillo-faciale. Puis dans les années 90, elles se sont généralisées comme adjuvant chirurgical.
 
 
            Les études « pro » PRP :
Elles sont relativement nombreuses et sont forcément toutes en faveur de l’utilisation des PRP. Les conclusions sont, en résumé, l’efficacité à court et moyen terme (généralement, revues des patients à 6 et12 mois) sur la diminution de la douleur, l’amélioration du score à la VISA-A (Victorian Institute of Sports Assesments Achilles) voire pour certains, une amélioration contrôlée par imagerie dans le cas de la cicatrisation de la prise de greffe lors d’un KJ (Platelet-rich plasma improved patellar tendon healing De Almeida AM. Am J Sports Med. 2012;40:1282-1288.).
 
Les réserves de ces études :
Au demeurant, bien que positives sur l’utilisation des PRP, certaines de ces études favorables, mettent en avant certaines réserves comme l’absence de différence significative aux tests isocinétiques à 6mois ou encore la qualité du PRP. En effet, il est mis en évidence par les utilisateurs mêmes de la technique que un PRP riche en protéases peut dégrader des facteurs de croissance et diminuer son efficacité clinique, allant même pour certains jusqu’ à évoquer ,entre les lignes des aggravations, potentielles des lésions osseuse.
 
Les études démontrant la non efficacité :
Certaines études ont donc conclu à la non-efficacité des PRP, notamment dans les tendinopathies achiléennes chroniques et cela sous contrôle d’imagerie (sans toutefois évoquer l’éventuel intérêt pour les tendinopathies récentes, Harmon mettant en exergue l’utilisation dans les 24h suivant une lésion musculaire). Ou encore l’absence de certitudes sur les effets délétères éventuels.
 
 
            La position du CIO :
« Platelet-Derived Preparations
Platelet-derived preparations (commonly referred as PRP or blood spinning), prohibited in 2010 when administered by intra-muscular route, have been removed from the List for 2011 after consideration of the lack of current evidence concerning the use of these methods for purposes of performance enhancement. Current studies on platelet-derived preparations do not demonstrate a potential for performance enhancement beyond a potential therapeutic effect”
            Nous pouvons y voir deux aspects : soit les instances médicales du CIO se basent sur les études en cours et jugent la pratique comme peu efficace et donc encore moins pouvant être une pratique dopante, soit le fait d’avoir recours à une stratégie thérapeutique qui ne peut avoir d’effet que sur du tissu lésé et pas sur du tissu sain, ne peut être reconnu comme une action dopante à proprement parler.
            Toutefois, le cas Nadal et les « piqures » dont il ne pouvait parler et qui auraient été des « simples » PRP montre que le recours à de nouvelles méthodes, reste toujours un sujet épineux !
 
 
 
Que pouvons-nous en conclure ?
Et bien malheureusement, à ce jour, pas grand-chose car les études sont encore toutes
trop peu concluantes ou laissant planer des zones d’ombres ou encore concluantes que sur l’animal pour le moment. On peut notamment regretter dans la quasi-majorité des études publiées, l’absence de notifications des éventuels traitements additionnels ou pas (physiothérapie, etc…). Car si les PRP sont un process d’amélioration de la cicatrisation du tissu, nous savons qu’il en existe d’autres (comme le travail excentrique cher à Kinesport et A. Bruchard). Nous pouvons donc raisonnablement penser que si les PRP venaient à démontrer sans faille leur efficacité et leur innocuité, le traitement n’en serait que plus efficace s’il mettait en œuvre les techniques de physiothérapie dont nous sommes dépositaires et dont nous sommes certains de leur efficacité.
 
            Il semblerait que le « bon vieux » MTP ait encore de l’avenir !
 
 
Platelet Rich Plasma for muscle Healing : an in experimental vivo stuy Gigante A, Busilacchi A, Del Torto M orthopedic Clinic - università politecnica delle Marche, Ancona, Italy, Isokinetic congress April 2012
 
Platelet-rich plasma improved patellar tendon healing
De Almeida AM. Am J Sports Med. 2012;40:1282-1288.
 
Autologous platelet concentrate (APC+) an exciting and effective new modality for foot and ankle surgeons H. Craig Fox, DPM, Coal City, IL, and William Czarnecki, DPM, Chicago, IL
May 7, 2005
Platelet-rich plasma (prp) and tendon healing: animal model  J F Kaux, P Drion, J Renouf, F Pascon, V Libertiaux, A Colige, C Le Goff, C Lambert, B Nusgens, A Gothot, S Cescotto, J O Defraigne,M Rickert,J M Crielaard; Br J Sports Med 2011;45:2 e1 doi:10.1136/bjsm.2010.081554.44
 
Platelet-rich plasma: quantification of growth factor levels and the effect on growth and differentiation of rat bone marrow cells.
van den Dolder J, Mooren R, Vloon AP, Stoelinga PJ, Jansen JA. Department of Periodontology and Biomaterials, Radboud University Nijmegen Medical Center, Nijmegen, the Netherlands. j.vandendolder@dent.umcn.nl Tissue Eng. 2006 Nov;12(11):3067-73
 
Muscle injuries and PRP : what does the science say? K. Harmon; Br j Sport Med 2010;44:616-617 doi:10.1136/bjsm.2010.074138
 
Platelet-rich plasma for chronic achilles tendinopathy: a double-blind randomised controlled trial with one year follow-up;  S de Jonge,  R J de Vos, A Weir,    H T M van Schie,    S M A Bierma-Zeinstra,    J A N Verhaar, H Weinans, J L Tol; Br J Sports Med 2011;45:2 e1 doi:10.1136/bjsm.2010.081554.40
 
To PRP or not?  Lars Engebretsen, Kathrin Steffen; Br J Sports Med 2010;44:15 1071 doi:10.1136/bjsm.2010.080390
 
No effects of PRP on ultrasonographic tendon structure and neovascularisation in chronic midportion Achilles tendinopathy     R J de Vos,  A Weir,  J L Tol,  J A N Verhaar,  H Weinans, H T M van Schie; Br J Sports Med 2011;45:5 387-392 Published Online First: 3 November 2010 doi:10.1136/bjsm.2010.076398
 
http://www.cellmedicinesociety.org/conference/info/featured/264-platelet-rich-plasma
 
http://www.cellulesouches.org/news-et-articles-scientifiques.html
 
 
http://www.issf-sports.org/antidoping/prohibited_substances.ashx




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