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Golf et impact des blessures du poignet



Introduction
Le golf est un des sports les plus populaires avec près de 57 millions de pratiquants dans le monde entier. Bien organisé, ce sport possède des financements importants et un circuit professionnel hautement compétitif composé de différents circuits.
Un joueur de l’European Tour joue en moyenne 25 tournois par an, chaque tournoi constitué de 72 trous (18/jour pendant 4 jours).

En dépit de la popularité de ce sport, le taux de blessures de cette activité est mal documenté.  Les golfeurs professionnels masculins ont déclaré une moyenne de deux blessures dans une carrière, chacune conduisant à 9,3 semaines d’absence sur le Tour. Ces blessures étaient plus communes chez les golfeurs frappant plus de 200 balles par semaine [1].

Des études antérieures sur les pathologies du poignet ont montré la fréquence de ces blessures mais aucunes ne se sont intéressées à leur incidence, leur variété, leur gravité ou encore leurs impacts sur l’activité.
Publiée en septembre 2013 dans le British Journal of Sports Medecine [2], cette étude transversale prospective évalue ces facteurs dans une cohorte de golfeurs professionnels de haut niveau.

Matériels et méthodes
Cette étude s’est basée sur un questionnaire complété par un examen clinique du poignet et de la main en cas de besoin, sur une période de 6 mois. La population est constituée de 153 golfeurs élites participants au BMW PGA Championship. Des joueurs blessés au moment du tournoi mais qui auraient eu l’autorisation de jouer ont également été inclus. Les données démographiques classiques, les antécédents, le mécanisme lésionnel, les examens complémentaires, les traitements effectués, le nombre de tournois et le temps de pratique manqués ont été recueillis.
La blessure a été définie comme tout problème médical affectant le poignet lors de la pratique du golf à l’entraînement ou en compétition et nécessitant des soins médicaux.
La mesure de la performance s’est faite par analyse statistique des résultats officiels de l’European Tour afin de déterminer s’il existe une corrélation entre les symptômes et les caractéristiques de performance sélectionnées (distance au drive pour la mesure de la puissance, green en régulation pour la mesure de la précision).

Résultats
Sur 153 questionnaires, 128 ont été achevés (taux de réponse de 84%) par les golfeurs (tous masculins.
38 golfeurs (30% des répondants), ont déclaré 43 problèmes de poignet antérieurs. 25 golfeurs (20%), ont manqué plus d’un tournoi au cours de la saison et ont du réduire leur pratique pendant plus d’un mois.
L’étude n’a pas révélé de différences significatives sur la mesure de la performance entre les groupes symptomatiques et asymptomatiques.
La majorité des blessures au poignet relevées concernent le poignet directeur (29 à 67% de tous les problèmes). 2 golfeurs décrivent un problème identique aux 2 poignets et 12 golfeurs (28%) ont eu un problème au poignet non directeur. Le côté ulnaire est celui le plus touché (87% des blessures du côté ulnaire concernent le poignet directeur). Les différentes localisations et types de blessures sont  synthétisés dans les tableaux ci-dessous :



 
Conclusion

Cette étude vise à identifier les blessures du complexe poignet-main subies par le golfeur élite et leur impact sur la pratique. Elle a fait apparaître des différences très marquées entre le côté directeur et non directeur montrant un taux de blessures beaucoup plus élevé pour le poignet directeur.

Le professionnalisme du golf  a conduit à une augmentation du nombre de tournois joués et du nombre de coups frappés par les golfeurs chaque année. L’équipement du golfeur a également subi un certain nombre de changements significatifs avec l’utilisation de matériaux modernes  permettant une meilleure absorption des chocs. Les voyages réguliers rendent la continuité des soins et la gestion de la blessure par un spécialiste quasi impossible, ce qui explique pourquoi des précédentes études ont montré que le joueur professionnel continue de jouer malgré la blessure [3].
Une connaissance et une compréhension de la biomécanique gestuelle du poignet et de la main pendant le swing contribue à expliquer les types de blessures identifiés dans l’étude.
La plupart des pathologies structurelles ont un traitement et une réhabilitation spécifiques pouvant impliquer de longues périodes tenant le golfeur éloigné de sa pratique sportive. La prise en charge de blessures mineures se fait le plus souvent en modifiant la technique du joueur et/ou du volume d’entraînement afin de maintenir le golfeur dans son activité pendant sa période de réhabilitation.



Texte écrit par Erwann Le Corre
Bibliographie
[1] Gosheger G, Liem D, Ludwig K, et al. Injuries and overuse syndromes in golf. Am J Sports Med 2003;31:438–43.
[2] Hawkes R, et al. The prevalence, variety and impact of wrist problems in elite professional golfers on the European TourBr J Sports Med 2013;47:1075–1079. doi:10.1136/bjsports-2012-091917
[3] O’ Connor PJ, Hawkes R. Imaging the elite golfer. Skeletal Radiol 2012;42:607–9.
 
 
http://www.lequipe.fr/Golf/Actualites/Bourdy-convalescent/429913
http://www.lequipe.fr/Golf/Actualites/Tigre-pas-si-top/426116
http://golf.lefigaro.fr/flash-golf/2011/08/12/97004-20110812FILWWW00004-us-pga-mcilroy-touche-au-poignet.php




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