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Interview de Germain Saniel, masseur-kinésithérapeute et formateur spécialisé dans le genou et la gestuelle du sportif



Germain Saniel, j’habite à Grenoble, je suis diplômé de l’IFMK de Grenoble en 2008. J’ai débuté en libéral à la sortie de l’école de Kiné et dès 2009 j’ai intégré le staff médical de l’équipe de football du GF38 qui était en Ligue 1 puis L2 française. Après 2 ans au GF38, je suis retourné travailler en libéral et je me suis occupé de footballeurs professionnels que j’ai suivi durant 2 saisons en soins et en préparation physique. J’ai suivi la formation Kinesport Expert en 2010 et j’ai dans le même temps suivi la formation EBOAS en 2012.
Je suis formateur chez Kinesport depuis 2014 et je fais partie de la team 11 Leader depuis 2015 où je m’occupe du développement de la partie biomécanique.
Fin 2018, j’ai ouvert un cabinet libéral sur Grenoble avec deux autres kinésithérapeutes et un médecin du sport.
Je suis marié et j’ai 2 enfants, je suis passionné de football depuis tout jeune et je pratique la course à pied.
 
 

1-Quelles sont les pathologies les plus courantes rencontrées en cabinet/aux contacts des sportifs ?
 
Dans ma pratique libérale, je rencontre beaucoup de pathologies liées aux genoux, que ce soit traumatique ou de sur-utilisation. J’ai beaucoup de patients en rééducation/réhabilitation après lésion du ligament croisé antérieur du genou, des atteintes méniscales, mais aussi des pathologies du coureur à pied (STIT, SFP) et du skieur ( spécialités de la région grenobloise !)
Dans la pratique avec 11 Leader au contact des joueurs professionnels de football, on rencontre beaucoup de lésion musculaire des IJ, des AGP (pubalgie) et de plus en plus de lésion du genou. Les derniers chiffres sur les blessures issus de la Premier League nous montre que les atteintes du genou deviennent les plus courantes. Il s’agit d’un point important dans la démarche préventive et de réhabilitation.
 
 

2-Pouvez-vous décrire votre spécialité ?
 
Depuis environ 7 ans, j’ai décidé de me spécialiser dans la gestuelle du sportif.
Mon envie de départ était de comprendre pourquoi la lésion est apparue et comment éviter sa récidive.
Pour cela j’ai compris qu’il fallait essayer d’appréhender de manière précise comment fonctionne la gestuelle du sportif et comment ce dernier s’organise pour répondre aux contraintes mécaniques de son sport. Les compensations dans la gestuelle, les impacts à distance d’une organisation déficitaire d’un élément sur l’autre m’ont permis de mettre en place des bilans de plus en plus précis en lien avec la littérature scientifique, pour déterminer des profils de joueur à risque de blessure.
Depuis quelques années, avec l’expérience et les échanges avec d’autres professionnels, j’ai commencé à appréhender les difficultés d’une vision purement mécanique de la gestuelle d’un sportif et je me tourne vers les neurosciences pour préciser ma vision et essayer d’être plus efficace dans mes prises en charges.
Comprendre comment fonctionne la neuroplasticité cérébrale, les adaptations fonctionnelles du cerveau, l’impact d’une blessure musculo-squelettique sur l’organisation du système nerveux central me permet d’avoir, je l’espère, une vision plus complète de l’organisation du mouvement et comment l’impacter, pour limiter le risque de lésion et sa récidive. La littérature scientifique dans ce domaine est en pleine expansion et c’est, à mon avis, une énorme possibilité d’évolution pour notre profession.
 
 
 
 
 
 

3-Quelles sont les rôles des Quick Skan et pouvez-vous donner un exemple ?
 
J’ai découvert les Quick Skan lors de ma formation Kinesport Expert en 2010 et cela a changé ma pratique. Pourquoi ? La réponse est simple : le Quick Skan permet d’avoir en peu de temps une vision claire et précise de la structure qui est en lésion.
En mettant en lien le mécanisme lésionnel et le Quick Skan, le kinésithérapeute possède une réelle plus-value pour être efficace dans sa prise en charge. Cela évite d’orienter sa rééducation sur la mauvaise structure. L’exemple le plus simple pour moi est la lésion du faisceau antérieur du ligament latéral externe de la tibia-tarsienne (LLE) qui peux être confondu avec une lésion de la syndesmose tibio-fibulaire. La thérapeutique qui s’en suit est différente que ce soit au niveau des techniques de contentions, des délais de reprise en fonction de la gravité, des techniques manuelles à utiliser.
Le Quick Skan qui est en lien avec les données de la littérature et les notions de sensibilité et spécificité des tests permet de distinguer l’atteinte de ces deux structures.
Je rappelle que l’atteinte de la syndesmose tibio-fibulaire est bien souvent sous diagnostiquée et représente presque 30% des atteintes de la cheville dans le football professionnel.
 
 

4-Germain, vous êtes intéressé par le progrès médical, en quoi la réalité virtuelle peut-elle être bénéfique pour les kinésithérapeutes ?
 
La réalité virtuelle est un outil très intéressant pour le kinésithérapeute car cela permet de remettre nos rééducations dans un contexte de réalité tout en analysant la réponse du patient. En d’autres termes, il s’agit d’un système qui va permettre au patient de travailler dans un contexte de réalité et de répondre avec sa motricité aux problématiques posées par le système.
Cela permet d’activer la neuroplasticité cérébrale du sujet précocement dans le processus de rééducation, de favoriser l’émergence de circuits neuronaux compétents pour favoriser une motricité efficace, variée et préservante.
Les études récentes sur le sujet nous montrent également que la réalité virtuelle possède un intérêt dans le screening des sujets à risque de lésion du LCA. En effet, lors d’un saut, s’il est réalisé avec ou sans réalité virtuelle (dans cette étude, la réalité virtuelle reproduisait un saut lors d’un duel à la tête en football) il existe une différence importante sur le valgus dynamique du genou (plus important sous réalité virtuelle). Pour être clair, la réalité a un impact sur notre organisation biomécanique et nous devons être capable de l’intégrer en screening. La réalité virtuelle permet cela.
De mon point de vue et au regard des avancées scientifiques, la réalité virtuelle tout comme l’entraînement visuel et neuro-cognitif font partie des éléments fondamentaux pour impacter le cerveau.
Le cerveau est selon moi, la prochaine cible du kinésithérapeute en rééducation pour limiter les récidives et rendre plus efficace nos prises en charge.

Interview de Germain Saniel, masseur-kinésithérapeute et formateur spécialisé dans le genou et la gestuelle du sportif
Merci Germain pour cet interview !


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