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Le Stévia: l'avis du SIIN



Le Stévia: l'avis du SIIN

Le Stévia fait partie de ces nouveaux édulcorants, substitut au sucre, dont on entend beaucoup parlé à l'heure actuelle.
 

Tout d'abord, petit historique sur le stévia :


Connu depuis très longtemps, le stévia est un petit arbuste originaire du nord de l'Amérique du Sud.
 

Il a été durant des siècles utilisé dans la phytothérapie traditionnelle pour ses vertus hypotensives mais également utilisé de façon "culinaire" pour son pouvoir adoucissant et sucrant.
 

Il possède effectivement des propriétés édulcorantes très importantes de 100 à 300 fois supérieures à celles du sucre.
 

Ces propriétés justifient l’intérêt récent de la part des industriels à son sujet.
 

Au Japon, dès les années 1970, suite à l'interdiction de l'utilisation de l'aspartame (l'un des principaux édulcorants industriels de ces dernières décennies) le stévia est utilisé pour remplacer le sucre. Son utilisation comme alternative au sucre s'est rapidement généralisée en Amérique du Sud et en Asie.
 

Les États-Unis et la FDA (Food and Drug Administration : l'administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments) ont interdit cette plante dans les années 1990. Sous l'influence des unions de consommateurs américains, la législation américaine a finalement accepté la commercialisation et l'utilisation d'extraits de cette plante en tant que complément alimentaire.
 

En mars 2008, la compagnie Wisdom Natural Brands a obtenu l’autorisation par la FDA de commercialiser son extrait de stévia, SweetLeaf®, à titre d’édulcorant. Depuis la fin de l'année 2008, d'autres sociétés ont bénéficié des autorisations de mise sur le marché notamment les firmes Coca-Cola et PepsiCo.
 

En Europe, les extraits de cette plante sont considérés comme de nouveaux aliments, les "Novelfood", et doivent donc subir un ensemble d'études pour une autorisation de mise sur le marché.
 

Depuis les années 2008, l'Afssa (Agence Française de Sécurité Sanitaire)  a donc émis plusieurs saisines relatives à l'autorisation de mise sur le marché afin d'en évaluer l'intérêt, l'absence de toxicité et le cadre dans lequel cette commercialisation pourrait se faire (1, 2, 3). De fait, le stévia ne dispose d'une autorisation légale de mise sur le marché que très récente.
 

L'industrie alimentaire s'intéresse principalement à des extraits de stévia.
 

Pourquoi un extrait de stévia plutôt que l'utilisation de la plante entière ?


Le contenu en principe actif et édulcorants est extrêmement variable selon les degrés de maturité de la plante, les extraits, les procédés d'extraction, les différents cultivars... De ce fait il n'existe pas de standardisation et le consommateur final pourrait avoir des produits dont le taux peut varier d'un facteur 1 à 10.
 

Récemment, en juin 2009, l'Afssa a rendu son dernier avis relatif à l'utilisation d'un des composants majeurs de l'extrait de stévia Rubodiosa : le Rebaudioside (un glucoside plus sucrant encore que le stéviol contenu dans le stévia et ayant bénéficié des premières recherches).
 

À ce titre, l'autorisation en France concernera des extraits purifiés à plus de 97 %. Ce sont ces extraits qui ont été étudiés par l'Afssa.
 

Rappelons que traditionnellement cette plante bénéficiait de propriétés thérapeutiques supposées dans le domaine cardio-vasculaire et métabolique.
 


  • Dans le domaine cardio-vasculaire, elle était utilisée traditionnellement pour abaisser la pression artérielle. Elle posséderait en effet des propriétés hypotensives. C’est donc cette propriété qui a été évaluée par l'Afssa concernant cet extrait purifié. Une absence de risque d'hypotension a été démontrée chez les consommateurs normaux tendus ou faiblement hypertendus par l'utilisation de ces extraits.

Les conclusions permettent d'affirmer l'absence totale d'effets secondaires concernant un risque éventuel d'hypotension.
 


  • Dans le domaine métabolique, cette plante était utilisée dans l'accompagnement du diabète. De même, l'Afssa a étudié les risques éventuels dans le cas de la régulation de la glycémie ou des complications de l'hyperglycémie diabétique.

Aucun élément en faveur d'un risque éventuel ou d'un quelconque effet métabolique n'a été retrouvé dans la littérature scientifique.
 

La conclusion est donc l'absence de danger d'utilisation de ces extraits purifiés dans le cadre d'agents édulcorants incorporés dans l'industrie agroalimentaire.
 

La position de l'institut S.I.I.N. :


il est important de différencier 2 aspects, parfois confondus par le grand public :
 

1. L'utilisation en alternative au sucre (saccharose ou sucre blanc en morceaux ou en poudre) que l'on utilise "à la maison" pour sucrer son café, sa compote, les yaourts...
 

2. L’utilisation d'un extrait purifié industriellement en vue d'une incorporation dans les produits alimentaires industriels.
 

Concernant l'alternative au sucre, l'institut S.I.I.N. recommande une réduction de la consommation de sucres compte tenu de l'augmentation importante de cette dernière dans les pays industrialisés depuis ces 50 dernières années.
 

Il préconise l'utilisation d'alternatives afin :
 


  • d'augmenter la densité micronutritionnelle et 

  • de réduire la consommation de "calories vides" (calories exemptes de vitamines et de minéraux)

En ce sens, parallèlement à une éducation nutritionnelle visant à limiter la surconsommation de sucreries, l'institut S.I.I.N. recommande l'utilisation de sucre brut, de miel, et d'autres produits naturels.
 

À ce titre, l'utilisation de stévia pourrait s'inscrire dans cette démarche.
 

Toutefois, compte tenu de la grande variation de teneur en glucosides, de l'absence de traçabilité fiable concernant les sources de stévia et compte tenu du manque de données scientifiques validées sur l'absence de toxicité à long terme, l'institut S.I.I.N. recommande principalement une meilleure éducation au goûtà la limitation de l'excès de goût sucré, et à n'utiliser qu'en alternative discrète les produits de substitution au sucre.
 

Concernant l'utilisation en tant qu'édulcorants industriels, l'institut S.I.I.N. en conformité avec les recommandations de l'Afssa valide l'utilisation possibled'extraits de Stévia dans les produits industriels raffinés.
 

Toutefois, parmi nos recommandations fondamentales, nous rappelons qu'il est important et essentiel que deux tiers au moins de la consommation de nos produits se fassent sous forme de produits non raffinés et non industrialisés.
 

À ce titre, notre alimentation peut s'inscrire dans une démarche de nutrition santé respectueuse de l'environnement.
 

Lorsque l'utilisation de produits édulcorés de façon industrielle et artificielle est souhaitée, l'alternative d'extraits purifiés de stévia est conforme au cahier des charges concernant le rapport bénéfice/risque faisant parti des objectifs de nutrition santé de l'institut S.I.I.N.
 

Sur ce dossier, l'institut S.I.I.N. souhaite insister sur l'importance de produits végétaux, non raffinés à haute densité micronutritionnelle comme étant la source principale de toute alimentation.
 

Les produits édulcorés issus de l'industrialisation ne devraient en tout état de cause prendre qu'une place très mineure dans notre assiette et notre vie quotidienne.
 

En résumé, l'institut SIIN souhaite répondre clairement aux deux interrogations légitimes concernant l'utilisation de stévia :


1. L'utilisation d'extraits de stévia est-elle dangereuse pour la santé ?
 


  • S'agissant d'extraits industriels destinés aux filières agroalimentaires, nous pouvons à ce jour considéré qu'il y a absence de toxicité et de danger aux doses d'exposition auquel la population sera soumise.

  • S'agissant de poudre de feuilles de stévia en alternative au sucre, aucun argument à ce jour plaide en faveur d'une quelconque toxicité. La traçabilité cependant devra être rigoureusement respectée en vue d'une sécurité des consommateurs optimale. 

2. L'utilisation d'extraits de stévia peut-il être recommandée selon le cahier des charges du S.I.I.N. ?
 


  • La première recommandation de l'institut SIIN sera d'aller vers l' Intelligent Nutrition® et vers l'I.N-attitude qui repose sur un ensemble global de recommandations respectueuses de l’homme et de la planète.

  • En tant que pièces d'un puzzle complexe, la réduction des sucreries et des sucres simples, anciennement dits "rapides" dans l'assiette alimentaire quotidienne est souhaitable. À ce titre, le  stévia peut jouer un rôle favorable.

  • Il ne fera jamais perdre de vue que la rééducation du goût et l'éducation vers une alimentation beaucoup moins "sucré" est souhaitable dès le plus jeune âge.

Références bibliographiques :
 

1. Afssa, juin 2009. AVIS de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments sur un projet d’arrêté relatif à l’emploi de rébaudioside A extrait de Stevia rebaudiana en tant qu’additif alimentaire.
 

2. Afssa, septembre 2008. AVIS de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments
relatif à une autorisation provisoire, pour une durée de deux ans, d’emploi de stéviol, extrait de Stevia rebaudiana, en tant qu’édulcorant en alimentation humaine dans le cadre de l’article 5 de la directive 89/107/CEE , à la suite de l’avis Afssa du 12 octobre 2007.

 

3. Afssa, mars 2009. AVIS de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments sur un nouveau
projet d’arrêté relatif à l’emploi du rébaudioside A extrait de Stevia rebaudiana comme additif alimentairee l’article 5 de la directive 89/107/CEE , à la suite de l’avis Afssa du 12 octobre 2007.




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