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Prévalence Des Trigger Points Myofasciaux des muscles de la Hanche dans les Douleurs Fémoro-Patellaires

Synthèse et traduction de l’étude : Sean Roach, PhD, DPT, ATC, Eric Sorenson, PhD, ATC, Barbara Headley, MS, PT,
Jun G. San Juan, PhD, ATC



INTRODUCTION
La douleur fémoro-patellaire (DFP) est une pathologie courante qui représente 21% à 40% des affections de genou traitées dans les centres de médecine du sport. Il existe de plus en plus de preuves sur l'importance des muscles de la hanche dans les DFP, en particulier les abducteurs de la hanche et les rotateurs externes, car ils ont un rôle important dans le contrôle du valgus dynamique de genou. Plusieurs études ont montré que la plupart des femmes atteintes de DFP présentent une faiblesse importante au niveau des muscles de la hanche, ce qui peut entraîner une altération de la biomécanique des membres inférieurs, une augmentation des contraintes exercées sur le genou et qui peut donc contribuer à la chronicité des DFP.
 
La présence de Trigger Points a été associée à des troubles du contrôle moteur et à des déséquilibres musculaires. Ces troubles moteurs peuvent être corrigés ou améliores par le traitement des Trigger Points. La présence de Trigger Points dans le muscle moyen fessier pourrait perturber sa fonction, créant une altération du contrôle excentrique de l’adduction de hanche amenant une  accentuation du valgus  du genou ainsi que le mauvais contrôle frontal du bassin. Certains auteurs affirment que le carré des lombes contro-latéral a une fonction de stabilisation frontale du bassin et qu’il peut ainsi influencer sur la présence d’un valgus du genou contro-latéral.
 

OBJECTIF
✓  Déterminer la présence de Trigger Points dans les muscles moyen fessier et carré des lombes chez les sujets souffrants de DFP par rapport à un groupe témoin.
 
METHODES
52 volontaires ont été sélectionnés et randomisés en 2 groupes : Le groupe DFP était formé par 26 sujets avec DFP ; le groupe témoin était formé par 26 sujets sans antécédents de DFP. Tous les sujets ont complété les questionnaire Anterior Knee Pain Scale (AKPS), un outil validé pour mesurer la fonction du genou. Les sujets ont également suivi une exploration clinique pour évaluer la présence de Trigger Points dans les muscles moyen fessier et carré des lombes.

RÉSULTATS
✓  Le nombre de sujets ayant des Trigger Points bilatéraux dans le moyen fessier et carré des lombes (droit et gauche) était significativement plus élevé dans le groupe DFP que dans le groupe témoin.

  Le groupe DFP présentait également une diminution de la force de l’abduction de hanche statistiquement significative par rapport au groupe témoin.
Prévalence Des Trigger Points Myofasciaux des muscles de la Hanche dans les Douleurs Fémoro-Patellaires

DISCUSSION
Les résultats de cette étude ont montré une différence significative entre le groupe témoin et le groupe expérimental concernant la prévalence des Trigger Points du moyen fessier et carré des lombes. Le groupe expérimental a présenté au moins un Trigger Points du moyen fessier chez 97% des sujets, contre 23% dans le groupe témoin. Ces pourcentages élevés indiquent que le dysfonctionnement des muscles de la hanche peut jouer un rôle dans la DFP. 87% des sujets présentaient des Trigger Points bilatéraux dans le muscle moyen fessier par rapport à 13% dans le groupe témoin, soulignant l’importance de prendre en compte le bassin dans son ensemble lors de l'intervention clinique, et pas uniquement s’intéresser au côté homolatéral. Tous les sujets de cette étude présentaient des Trigger Point Latents et non Actifs.
Les données de cette étude indiquent également une prévalence significative des Trigger Points du carré des Lombes chez les sujets atteints de PFP. 87% des sujets atteints de DFP avaient des Trigger Points bilatéraux au niveau des muscles carrés des lombes, et 93% avaient Trigger Points dans le carré des lombes controlatéral. Tous les sujets atteints de DFP avaient au moins un Trigger Points dans le carré des lombes. La fonction principale du carré des lombes est la stabilisation latérale du tronc. Pendant le cycle de marche, le moyen fessier aide à assurer la stabilité du bassin dans le plan frontal, si le muscle ne produit pas suffisamment de force, il peut y avoir deux conséquences : une démarche en Trendelenburg non compensée entraînant une augmentation de l’angle Q du côté affecté, ou une démarche de Trendelenburg compensée dans laquelle le tronc s’incline du côté affecté pour déplacer le centre de gravité du côté atteint. Par conséquent, le carré des lombes controlatéral doit contrôler en excentrique le mouvement d’inclinaison du tronc dans le plan frontal, cette compensation pourrait entraîner le développement de Trigger Points dans le muscle carré des lombes.
 
CONCLUSIONS
Cette étude montre qu’il existe une faiblesse significative des abducteurs de la hanche chez les sujets souffrants de DFP. De plus cette population présente une prévalence significative de Trigger Points des muscles moyen fessier et carré des lombes qu’il faut prendre en compte pour l’évaluation et traitement de ces patients.

Article original: Roach S, Sorenson E, Headley B, San Juan JG. Prevalence of myofascial trigger points in the hip in patellofemoral pain. Arch Phys Med Rehabil. 2013 Mar;94(3):522-6


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