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Varus dynamique et développement du syndrome de la bande iliotibiale



Introduction :
Cinquante à 75% de toutes les blessures chez les coureurs récréatifs et 35% de toutes les blessures musculo-squelettiques chez les militaires sont dues à la surutilisation des membres inférieurs. (1-3)
Il a été constaté que 80% des personnes qui utilisaient la course comme élément clé de leur entraînement physique subissaient des blessures de surutilisation nécessitant une diminution ou un arrêt de l’entrainement. (4) Les blessures de surutilisation au niveau du genou ou autour du genou, telles que le syndrome de la bande iliotibiale (ITBS) et la douleur fémoro-patellaire, sont les plus courantes. (1-2-7-10)
La relation entre une surutilisation des blessures spécifiques telles que ITBS et le développement de l'arthrose n’est pas claire.
Un certain nombre de facteurs de risque potentiels pour le développement de ITBS ont été identifiés. (10-19-20-21)
Une variable biomécanique pouvant indiquer une augmentation de la vitesse de déformation ITBS est la poussée varus. 
La poussée de Varus a été associée à une augmentation du risque et de la gravité de l'arthrose (25) mais n'a pas été examinée par rapport aux blessures dues à la surutilisation chez les individus plus jeunes. 
La poussée de Varus a été définie comme un début rapide et soudain de l'alignement du varus. (24)
Le moment de l’adduction au genou a également été largement étudié comme facteur de risque de développement de l’arthrose (29-30) mais peu en tant que risque de blessures de surutilisation.
Les cadets du Corps d'instruction des officiers de réserve de l'Armée constituent un groupe homogène de participants doté d'un régime d'entraînement standardisé rigoureux qui fournit une population idéale pour enquêter prospectivement sur les facteurs de risque de surutilisation du genou et élaborer des stratégies de prévention potentielles. (7)
L'objectif de l’étude était d'identifier les facteurs de risque liés à la démarche pour le développement de l'ITBS chez les membres d'une même unité.
Les variables spécifiques d'intérêt comprenaient la poussée de varus et le moment maximal d'adduction du genou (KAM). (28-31)
 
 
Methodes :
Une analyse transversale unique de la démarche a été réalisée. Le risque potentiel de développer une blessure due à une surutilisation du genou a été déterminé en évaluant la démarche des cadets avant un cycle d'entraînement physique. L'évolution des blessures suivie grâce à des soins médicaux continus dispensés par des entraîneurs sportifs certifiés.
Les facteurs de risque de blessures biomécaniques potentiels ont été identifiés en comparant les mécanismes de la démarche des cadets qui ont ou non développé un ITBS au cours du cycle d’entrainement (environ 7 mois)
Soixante-huit cadets (44 hommes, 24 femmes, âgés de 18 à 34 ans) participant à un programme d'entraînement physique du ROTC se sont portés volontaires pour cette étude. Les participants ont rempli un questionnaire, sur leurs antécédents médicaux et leurs traumatismes, qui évaluait les blessures antérieures aiguës et de surutilisation dans chaque segment du membre inférieur. Aucun des participants ne présentaient de blessure aux membres inférieurs qui aurait pu empêcher la pleine participation à la formation ROTC au moment de l'inscription.
Les données descriptives des participants sont présentées dans le tableau 1.
Varus dynamique et développement du syndrome de la bande iliotibiale

L'analyse de la marche a été effectuée au cours du mois précédant le début du cycle d’entrainement de 7 mois lors d'une seule séance de collecte de données, au cours de laquelle les participants devaient porter les chaussures de course qu'ils utilisaient pour leur entraînement quotidien. (34) Des chaussures non standardisées ont été portées afin de pouvoir capturer le plus précisément possible la biomécanique de la marche que chaque individu.
 
Les données cinématiques ont été collectées à l'aide d'un système de capture de mouvement en trois dimensions (Vicon Inc, Centennial, CO) positionné le long d'une piste de 18 mètres et de 27 marqueurs rétroréfléchissants. (Figure 1)
Les données cinétiques ont été enregistrées en utilisant une plaque de force (Advanced Mechanical Technology Inc, Boston, MA) encastrée au ras de la piste. 
Les données cinématiques ont été collectées à 240 Hz, temps synchronisé avec les données cinétiques collectées à 960 Hz, puis lissées à l'aide d'un filtre de Woltring avec un seuil d'erreur quadratique moyen de 10 Hz. 
Les logiciels Nexus (Vicon Inc) et Visual 3D (C-Motion Inc, Germantown, MD) ont été utilisés pour capturer, réduire et analyser les données de démarche.
 
Varus dynamique et développement du syndrome de la bande iliotibiale

Avant l'analyse biomécanique, les participants ont effectué un échauffement personnel et des essais ont été menés pour assurer une vitesse de course constante. La vitesse a été déterminée à l'aide de capteurs infrarouges Speedtrap II (Brower Timing Systems, Draper, UT) placés à 4 m l'un de l'autre et centrés sur la plaque de force. 
Un essai a été considéré comme réussi si le participant a couru à la vitesse prescrite (4,0 m / s ± 10%) (34) et a atterri avec le pied entier sur la plaque de force. (6) Trois essais réussis ont été enregistrés pour chaque jambe et la moyenne de ces essais a été utilisée pour l'analyse. (35-36)
 
Le programme d’entrainement qui a suivi a duré environ 7 mois et consistait en des séances 1 à 2 heures, 3 ou 4 fois par semaine en groupe. Ces séances comprenaient un large éventail d’exercices aérobiques, pliométriques et de résistance au poids corporel, ainsi que des activités basées sur la gymnastique suédoise. 
Les activités aérobiques comprenaient des courses de moyenne distance (3,2 km), des activités de type relais, des matchs sur le terrain en équipe (exemple, le frisbee et le football), des marches plus longues ou des courses en équipe. Les exercices de pliométrie, de résistance au poids corporel et de gymnastique étaient des activités d'entraînement par intervalles, des pompes, des tractions, des redressements assis et des activités similaires non aérobies du corps entier.
 
Un AT a fourni des soins médicaux continus tout au long de la période d'évaluation et a évalué toutes les blessures potentielles dues à la surutilisation des membres inférieurs. 
Les participants ont été inclus dans le groupe témoin s'ils n'ont signalé aucun antécédent de blessure due à la surutilisation des membres inférieurs et qu'ils n'ont pas développé de lésion des membres inférieurs au cours de la période d'étude. 
La blessure est définie comme une condition nécessitant une réduction de la quantité ou du niveau de l'entraînement physique ou la nécessité d'un avis médical ou d'un traitement. (35)
Les participants ayant développé des blessures impliquant le genou, associés à des activités physiques répétitives, (7) et par la suite diagnostiquée par l'AT ou le médecin comme ITBS ont été assignés au groupe de blessure. 
Les données provenant de participants ayant développé une surutilisation des membres inférieurs (p. Ex. Syndrome de stress tibial médial, tendinopathie d’Achille ou fasciite plantaire) ou des lésions aiguës ont été exclues de l’analyse.
 
Résultats
Au total, 68 participants (44 hommes et 24 femmes) ont rempli le questionnaire initial sur les antécédents de blessures et l'analyse biomécanique. 
26 participants (38,2%; 20 hommes et 6 femmes) ne se sont pas bléssés au cours de la période d'étude, et ont été affectés au groupe témoin. 
Un total de 20 participants (29,4%) ont développé des blessures de surutilisation des membres inférieurs au cours de la période d'étude. 
6 de ces 20 participants (30%) ont développé une ITBS diagnostiquée suffisamment grave pour nécessiter des modifications de la formation ou des soins médicaux pendant la période de l'étude et ont été affectés au groupe de traitement des lésions pour analyse. 
Un de ces 6 participants a présenté une ITBS bilatérale, soit un total de 7 membres blessés analysés. 
Les participants restants ont été exclus de l’analyse.
 
Les variables du varus maximal, de la vitesse genou-varus et de la KAM externe, ainsi que le moment de la vitesse maximale en varus pendant la posture, étaient différents entre les témoins et ceux ayant développé un ITBS (tableau 2)
La vitesse varus a varié entre les participants témoins et les participants blessés tout au long de la phase d'appui (figure 2)
La force de réaction verticale maximale du sol et le taux de charge n'étaient pas différents entre les groupes.
Varus dynamique et développement du syndrome de la bande iliotibiale

Varus dynamique et développement du syndrome de la bande iliotibiale
Discussion :
La découverte la plus importante a été l'identification de variables varus dynamiques, y compris la poussée du varus et la KAM, en tant que facteurs de risque pour l'ITBS. 
Ces variables ont été souvent associés à un risque d'arthrose (28-31), mais peu par rapport au développement des blessures dues à la surutilisation. L'identification de ces variables comme facteurs de risque de surutilisation des tissus mous du genou chez des adultes (jeunes et en bonne santé) peut indiquer une relation qui n'avait pas encore été identifiée entre la surexploitation des tissus mous du genou et le risque éventuel de gonarthrose.
Les résulats obtenus suggèrent que la manière et le moment où la force a été appliquée sur le genou pendant la charge peut avoir entraîné une augmentation de la charge des tissus mous, une augmentation des taux de déformation et une blessure de surutilisation. 
De plus, les modifications de la vitesse de l’articulation dans le plan frontal et des variables associées ont été interprétées comme une diminution de la stabilité dynamique en varus pendant la charge chez les participants blessés.
 
 Comme le suggère la définition et les travaux ultérieurs de Chang et al, (24-25) la vitesse à laquelle le mouvement varus se produit est probablement plus important quand on considère la stabilité dynamique du varus. 
Dans l’étude: la vitesse maximale du genou-varus variait entre les participants blessés et les participants témoins tout au long de la phase d’appuis. (Figure 2)
De plus, la vitesse maximale et moyenne du genou-varus était plus élevée (P = 0,006 et P = 0,001 respectivement) chez ceux qui ont développé l’ ITBS. 
 
Chang et ses collaborateurs (39) ont proposé qu’un mauvais le contrôle du plan frontal, ainsi que la diminution de la force et du contrôle musculaires, puisse être la cause de l'instabilité en varus. 
Les résultats, qui démontrent le rôle de l’instabilité frontale dynamique dans le développement de la surutilisation des tissus mous au genou, indiquent que la prévention et le traitement de ces lésions devraient viser à améliorer les déficits de force et de contrôle musculaires.
 
Conclusion :
Les mesures de la stabilité dynamique du varus ont semblé être modifiées chez les individus ayant développé un ITBS
Les principaux facteurs de risque pour le développement de ITBS étaient liés à des mesures de la stabilité dynamique du varus, y compris la vitesse maximale en varus (poussée en varus) et la KAM. 
Ces facteurs de risque étaient similaires à ceux rapportés précédemment chez les individus ayant développé une arthrose du genou. 
La prévention et le traitement des ITBS devraient viser à améliorer la stabilité dynamique du varus en améliorant la force et le contrôle neuromusculaire.
 
-Les variables biomécaniques, comme la poussée en varus et le moment d'adduction du genou, ont été comparées entre un groupe blessé et un groupe témoin.
Les mesures de la stabilité dynamique du varus ont semblé être modifiées chez les individus ayant développé un ITBS. Les variables biomécaniques du genou précédemment identifiées comme augmentant le risque d'arthrose du genou étaient également associées au développement de l'ITBS chez des adultes en bonne santé.

 
Articles  de  référence: 
Stickley CD, Presuto MM, Radzak KN, Bourbeau CM, Hetzler RK.
Dynamic Varus and the Development of Iliotibial Band Syndrome.
J Athl Train. 2018 févr. 53 (2): 128-134. doi: 10.4085 / 1062-6050-122-16
 
Références :
1. Hauret KG, Jones BH, Bullock SH, Canham-Chervak M, Canada S. Musculoskeletal injuries: description of an under-recognized injury problem among military personnel. Am J Prev Med. 2010;38(suppl 1):S61–S70.
2. Fields KB. Running injuries - changing trends and demographics. Curr Sports Med Rep. 2011;10(5):299–303.
3. van Mechelen W. Running injuries. A review of the epidemiological literature. Sports Med. 1992;14(5):320–335.
4. van Gent RN, Siem D, van Middelkoop M, van Os AG, Bierma-Zeinstra SM, Koes BW. Incidence and determinants of lower extremity running injuries in long distance runners: a systematic review. Br J Sports Med. 2007;41(8):469–480.
7. Almeida SA, Williams KM, Shaffer RA, Brodine SK. Epidemiological patterns of musculoskeletal injuries and physical training. Med Sci Sports Exerc. 1999;31(8):1176–1182.
10. Ferber R, Noehren B, Hamill J, Davis IS. Competitive female runners with a history of iliotibial band syndrome demonstrate atypical hip and knee kinematics. J Orthop Sports Phys Ther. 2010; 40(2):52–58.
19. Miller RH, Lowry JL, Meardon SA, Gillette JC. Lower extremity mechanics of iliotibial band syndrome during an exhaustive run. Gait Posture. 2007;26(3):407–413.
20. Orchard JW, Fricker PA, Abud AT, Mason BR. Biomechanics of iliotibial band friction syndrome in runners. Am J Sports Med. 1996; 24(3):375–379.
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24. Chang A, Hayes K, Dunlop D, et al. Thrust during ambulation and the progression of knee osteoarthritis. Arthritis Rheum. 2004;50(12): 3897–3903.
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